Course à la direction du NPD

Pertes d'emplois : le nouveau chef du NPD dénonce l'inaction du gouvernement

Entrevue avec Thomas Mulcair

Pour sa première journée aux Communes comme chef de l'opposition, Thomas Mulcair a talonné le gouvernement de Stephen Harper au sujet des pertes d'emplois dans le secteur manufacturier.

Au surlendemain de son élection à la tête de la formation, M. Mulcair a notamment confronté les conservateurs sur la mise en faillite d'Aveos, la firme montréalaise chargée de l'entretien des avions d'Air Canada, ainsi que sur la fermeture de l'usine d'Electro-Motive à London, en Ontario.

Le ministre du Patrimoine James Moore, qui répondait aux questions du chef de l'opposition en l'absence du premier ministre Harper, en voyage à l'étranger, a défendu le bilan du gouvernement arguant que son parti avait créé « plus de 600 000 emplois » depuis le creux de la récession, en 2009.

« Les conservateurs sont en train de laisser la plus grande dette écologique, économique et sociale de notre histoire dans le sac à dos des générations futures », a répliqué Thomas Mulcair, ajoutant que le taux de chômage des jeunes avait atteint 14,7 %.

Le nouveau chef de l'opposition a par ailleurs réitéré à la presse après la période de questions qu'il conservera la même équipe et qu'il ne procédera à aucune purge. La veille, M. Mulcair a fait savoir que la transition s'effectuera en douceur.

M. Mulcair a également annoncé lundi qu'il profitera du congé pascal, dans deux semaines, pour effectuer des changements mineurs, et qu'un plan sur trois ans devant lui permettre de prendre le pouvoir en 2015 sera mis en branle cet automne.

Ce plan prévoit deux années consacrées à bien définir le gouvernement Harper et à montrer les écarts qui séparent les conservateurs des néo-démocrates, et une autre année passée en mode préélectoral.

Adapter le message du NPD

En entrevue plus tôt lundi sur les ondes du Réseau de l'information, Thomas Mulcair est revenu sur la longue course à la direction du NPD qui s'est soldée par sa victoire, samedi.

Le député d'Outremont, qui a été plébiscité par 57 % des membres du parti qui ont voté, ne s'est pas montré inquiet face au défi de refaire l'unité du parti qui l'attend.

« Il faut absolument, quand quelque chose comme ça est terminé, tourner la page et se concentrer sur l'adversaire qui est en face de nous, M. Harper et son gouvernement conservateur, et c'est précisément ce que je dois faire », a-t-il dit.

Il a dit que l'ancien chef néo-démocrate Ed Broadbent, qui l'avait critiqué dans la dernière ligne droite de la course, l'a félicité pour sa victoire. « C'était chaleureux et c'était sincère », a-t-il dit.

M. Mulcair s'est aussi montré magnanime à l'endroit de son principal adversaire. « Brian Topp m'a dit : J'aimerais être celui qui lève ta main » devant les militants pour marquer la victoire, a-t-il dit. « Alors ça ne pouvait pas être mieux. »

Le nouveau chef néo-démocrate a aussi souligné que plusieurs des militants du parti qu'il a rencontrés au cours des dernières semaines étaient préoccupés par le fait que « le message choisi à Ottawa ne résonnait pas nécessairement de la même manière dans toutes les régions du Canada ».

En Saskatchewan, berceau du NPD, le parti n'a pas remporté un seul siège au cours des quatre dernières élections générales, a-t-il noté. Il importe, dit Thomas Mulcair, que le NPD soit en mesure d'adapter son message dans les différentes régions du pays.

« Depuis cinq ans au Québec, on n'a jamais contredit une seule ligne de notre plateforme, mais on choisissait, on adaptait, on avait une autre manière de s'exprimer qui connectait bien », a-t-il fait valoir.

« Donc, il fallait commencer à se rafraîchir, à revoir notre manière d'aborder les choses. Sinon on n'aura pas les sièges dont on a besoin pour former un premier gouvernement majoritaire du NPD aux prochaines élections », a poursuivi M. Mulcair.

Mulcair, un « défi » pour le BlocThomas Mulcair sera un « défi » pour le Bloc québécois, a reconnu son chef Daniel Paillé à lundi. Selon lui, la présence d'un chef charismatique en provenance du Québec pourrait faire mal au parti souverainiste. Le chef du Bloc se dit néanmoins peu inquiet de l'ascension de Thomas Mulcair. Selon lui, le député d'Outremont devra souvent prendre des décisions défavorables aux Québécois afin de ne pas s'aliéner des membres de son parti.