Enseignement supérieur au Québec : un débat de société

Droits de scolarité : Pauline Marois exhorte Jean Charest à dialoguer avec les étudiants

Les explications de Martine Biron

À la veille d'une importante manifestation à Montréal, la chef du Parti québécois Pauline Marois a réitéré son appui aux étudiants québécois opposés à la hausse des droits de scolarité et a exhorté le gouvernement à entamer un dialogue avec les associations étudiantes.

« En ce moment, le gouvernement du Québec se comporte comme si les jeunes du Québec étaient des ennemis de l'État », a-t-elle dit en conférence de presse à Québec.

« Je crois que le premier ministre a tout simplement décidé de se faire du capital politique sur le dos des jeunes », ajoute-t-elle.

La chef péquiste encourage les étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité à poursuivre leur bataille.

« Les jeunes ont parfaitement raison, à mon avis, de se battre contre cette hausse. Aucun d'entre nous n'accepterait par exemple une hausse des tarifs d'électricité, une hausse de taxes ou d'impôts de 75 %. Les familles québécoises de la classe moyenne n'ont pas non plus les moyens d'encaisser une hausse aussi brutale des droits de scolarité », dit-elle.

« J'invite donc le premier ministre à prendre ses responsabilités et à ouvrir le dialogue avec les étudiants », poursuit-elle.

Le gouvernement a réitéré mardi dans son budget 2012-2013 le maintien de la hausse des droits de scolarité de 325 $ par année, à compter de l'automne 2012, ce qui a été vivement dénoncé par la Fédération étudiante universitaire du Québec, la Fédération étudiante collégiale du Québec et la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante.

Rappelons que quelque 220 000 étudiants québécois sont actuellement en grève.

Pauline Marois a soutenu qu'un gouvernement du Parti québécois annulerait cette hausse des droits de scolarité. Si son parti était porté au pouvoir, il organiserait aussi un sommet réunissant les acteurs de l'enseignement supérieur pour trouver des solutions au financement des universités.

Pauline Marois a par ailleurs déploré les gestes posés par certains manifestants ces derniers jours, comme le blocage du pont Champlain, à Montréal, qui ont eu « des effets de nuisance importants pour leur cause », mais elle a soutenu que la majorité des manifestations se font dans une atmosphère bon enfant et sympathique. « Les étudiants ont été très responsables, ils ont dénoncé lorsqu'il y a eu des casseurs, ils leur ont demandé de ne pas participer aux marches », a-t-elle dit.

Mardi, l'ex-ministre libéral Claude Castonguay a affirmé en entrevue à RDI que l'ampleur du mouvement de grève indique qu'il existe un problème.

Il a proposé une médiation pour dénouer l'impasse, ou encore l'instauration d'un moratoire pour suspendre les activités de grève.

M. Castonguay a soutenu que des solutions de rechange à la hausse des droits de scolarité existaient, comme une modulation des droits en fonction des programmes et des facultés, ou encore l'étalement des paiements pour qu'une plus grande partie des droits soit payable lorsque l'étudiant se retrouvera sur le marché du travail.

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