Le gouvernement Harper change de ton concernant l'affaire des appels trompeurs. Les conservateurs annoncent qu'ils vont voter en faveur d'une motion de l'opposition officielle afin de donner plus de pouvoirs au directeur général des élections.
La chef néo-démocrate intérimaire, Nycole Turmel, a indiqué que la motion, qui vise à « renforcer les pouvoirs d'Élections Canada » afin qu'elle puisse « obtenir tous les documents nécessaires » ainsi qu'à « mieux encadrer les contacts avec les électeurs », sera déposée jeudi.
« Monsieur le président, on veut savoir si le premier ministre appuie cette initiative du NPD », a lancé Mme Turmel.
« Nous n'avons aucune opposition à une telle proposition », a répondu Stephen Harper, qui s'est empressé d'ajouter : « Mais en même temps, monsieur le président, c'est nécessaire de dire que nous donnons toutes nos informations à Élections Canada et il n'y a rien qui empêche le NPD de donner ses informations à Élections Canada. »
N'empêche, la réponse du chef conservateur constitue un virage à 180 degrés, puisque son parti a refusé jusque-là d'accéder à la demande des libéraux et des néo-démocrates de renforcer les prérogatives d'Élections Canada.
Bien avant que l'affaire des appels trompeurs éclate, le directeur général des élections réclamait plus de pouvoirs, pour avoir le droit d'exiger des partis des pièces justificatives pour vérifier, entre autres, si leurs dépenses respectent la loi électorale.
La motion du NPD dit aussi que toutes les compagnies de télémarketing devront être enregistrées auprès d'Élections Canada, de même que l'identité de ceux qui font affaire avec ces firmes durant des élections.
Libéraux et néo-démocrates se méfient
Les partis d'opposition se disent satisfaits de la volte-face des conservateurs, mais pour député libéral Marc Garneau, il s'agit d'un changement calculé. « Ils ont peut-être mesuré le tempérament canadien, dans ce cas-ci, et décidé que c'était le temps d'être plus ouverts. La perception était certainement là qu'il y avait quelque chose à cacher, alors ils essaient de corriger cette perception-là », a-t-il estimé.
De son côté, le député néo-démocrate Alexandre Boulerice reste sur ses gardes. « Il va falloir passer de la parole aux actes après. Il faut que les bottines suivent les bobines, comme on dit chez nous », a-t-il affirmé.
Cette motion pourrait conduire à un resserrement des règles pour les prochaines élections, mais n'aura pas d'impact direct sur la présente controverse si ce n'est, peut-être, une amélioration du climat à la Chambre des communes.