Pénurie de médicaments : le ministre Bolduc se fait rassurant

Alexandra Duval rapporte que plusieurs centres hospitaliers voient leurs réserves de médicaments diminuer rapidement.

Le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, assure que tout est mis en oeuvre pour éviter que des hôpitaux annulent des chirurgies en raison de l'arrêt de la production de l'usine de médicaments génériques Sandoz de Boucherville, qui engendre des difficultés d'approvisionnement.

« Tout est fait actuellement pour ne pas qu'il y ait de rupture de service au niveau de l'approvisionnement en médicaments qui sont nécessaires pour les patients. On veut s'assurer qu'il y aura des substituts qui vont être disponibles », a-t-il déclaré.

L'entreprise a annoncé mardi qu'elle arrêtait sa production à Boucherville au moins une semaine pour réaliser des travaux de nettoyage après un incendie qui s'est produit la fin de semaine dernière.

Cet incident s'ajoute à la mise à niveau que Sandoz apporte à la même usine pour qu'elle réponde aux exigences de la Food and Drug Administration (FDQ). L'agence fédérale américaine avait constaté des « violations importantes » dans ses normes de production, et Sandoz avait annoncé le 16 février qu'elle y apporterait des correctifs, ce qui causait déjà un ralentissement de sa production.

La situation avait contraint le Centre de santé et de services sociaux de Gatineau à annuler les chirurgies non urgentes à titre préventif. En Colombie-Britannique aussi, les conséquences se font sentir.

« On surveille également toute la question des blocs opératoires de façon à ce qu'on soit sûr que tous les anesthésiants, tous les médicaments nécessaires en postes opératoires soient disponibles », a ajouté le ministre.

En raison du manque de médicaments génériques fournis par Sandoz, les hôpitaux doivent se procurer des médicaments d'origine, généralement plus chers. M. Bolduc croit que ces nouveaux coûts auront peu d'impacts, puisqu'ils seront défrayés par Sandoz, du moins en partie, selon lui.

« Il peut y avoir des coûts qui sont minimes. Ce que j'ai vu également, c'est qu'il y a une partie qui pourrait être assumée par Sandoz parce que c'est elle qui a causé la rupture de service, mais il y a d'autres produits qui peuvent être assumés par le réseau de la santé, donc c'est des ajustements qu'on va faire après », a-t-il précisé. « Mais pour nous, ce qui est important, ce n'est pas une question de coûts, c'est d'abord une question d'accessibilité, de qualité et de sécurité pour le patient », a insisté le ministre.

M. Bolduc entend rencontrer le président de Sandoz la semaine prochaine pour savoir quand l'usine sera en mesure de reprendre la production de certains médicaments injectables.

Sandoz est le deuxième producteur mondial de médicaments génériques et le principal fournisseur de plusieurs médicaments injectables pour les hôpitaux du Québec.