Le ministre québécois des Transports, Pierre Moreau, a confirmé mercredi après-midi l'ajout de 25 radars photo et appareils de surveillance aux 15 dispositifs déjà en place au Québec. Il a aussi donné les détails d'un projet pilote qui prévoit l'installation de 4 radars photo mobiles à Québec.
Un comité d'experts doit formuler des recommandations au ministre sur les endroits où seront placés ces appareils.
Les 15 appareils déjà implantés depuis le printemps 2009 dans les régions de Montréal, de la Montérégie et de Chaudière-Appalaches deviendront quant à eux permanents.
« On constate une diminution des vitesses moyennes de 13 km/h aux sites de radars fixes et de 11 km/h aux endroits où on retrouve des radars mobiles; l'élimination presque complète des grands excès de vitesse aux endroits comportant des radars photo et une diminution des passages aux feux rouges de 84 % aux endroits où des caméras sont installées aux feux rouges », a mentionné le ministre Moreau en point de presse.
Des données démontrent que la surveillance photographique a permis, entre août 2009 et novembre 2010, de réduire de 20 à 30 % le nombre d'accidents dans les secteurs couverts par le projet pilote.
Le ministre a aussi confirmé que les sommes recueillies en amendes seront versées au Fonds de la sécurité routière.
En deux ans, les six systèmes photographiques aux feux rouges et les neuf radars photo installés à titre de projet pilote ont rapporté 20,7 millions de dollars en amendes. Près de 150 000 billets d'infraction ont été donnés à des automobilistes fautifs.
Québec précise que la signalisation sera maintenue de manière à aviser les usagers de la route de la présence d'appareils sur leur trajet.
La population sera aussi informée du processus d'implantation des appareils et aura accès à une mise à jour ponctuelle de l'information sur le site web du projet.
Le ministre des Transports du Québec, Pierre Moreau
Projet pilote à Québec
Par ailleurs, quatre radars photo mobiles seront mis à la disposition du Service de police de la Ville de Québec pour une période minimale de 18 mois, débutant en 2013, dans le cadre d'un projet pilote.
Québec a été la première ville à accepter la proposition du gouvernement provincial, et d'autres municipalités pourraient emboîter le pas, selon le ministre.
Dans le cadre de ce projet, la Ville suggérera les endroits où seront placés les dispositifs, et le ministère aura le dernier mot quant à leur emplacement définitif. Montréal a de son côté refusé de participer au projet pilote.
Montréal s'oppose au modèle
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a fait une sortie en règle, mercredi, contre le modèle proposé par Québec, qui porterait atteinte, selon lui, à l'autonomie de Montréal.
L'administration du maire Gérald Tremblay voudrait avoir la gestion complète de l'emplacement des radars photo et des sommes récoltées grâce aux amendes. Le maire Tremblay préférerait aussi installer une signalisation d'envergure seulement aux entrées de l'île de Montréal.
Le ministre Moreau a rappelé que l'intention de Québec avec ces radars photo n'était pas de créer des pièges à contravention, mais bien de renforcer la sécurité des usagers de la route.
Dépôt du projet de loi
Plus tôt mercredi, le ministre Moreau a déposé son projet de loi sur les radars photo.
S'il est adopté, le projet de loi permettra l'implantation de radars photo dans les zones scolaires et aux abords de chantiers routiers.
Le projet de loi prévoit aussi certaines dispositions concernant les contraventions. Par exemple, les automobilistes qui alléguaient que la signalisation était inadéquate à l'approche des radars photo ne pourront plus évoquer cette raison pour contester une contravention.
De plus, les propriétaires de véhicules ne seront plus automatiquement tenus de payer les contraventions données. Il leur sera possible de désigner qui était au volant de leur véhicule lorsqu'une infraction a été commise. De leur côté, les véhicules d'urgence ne devront plus payer des contraventions.
Avec ce projet de loi, le ministre du Transport garde la mainmise sur le développement de radars photo au Québec. « Le projet de loi prévoit également que ces systèmes ne peuvent être enlevés ou modifiés sans l'autorisation du ministre des Transports et précise que nul ne peut nuire de quelque façon au fonctionnement de ces systèmes ou à l'enregistrement des informations par l'appareil photo de ceux-ci », a précisé le ministre Pierre Moreau.
Les municipalités surprises
Le projet de loi prévoit aussi que toutes sommes amassées grâce aux radars photo seront retournées au ministère des Transports, pour être réinvesties dans des mesures pour améliorer la sécurité routière, comme le réclamait l'opposition à Québec.
Cette disposition étonne Éric Forest, président de l'Union des municipalités du Québec. « C'est un peu comme si on disait qu'une municipalité n'a pas les capacités pour en faire un bon usage pour améliorer la sécurité publique au sens large », déplore M. Forest.
En outre, le président de l'Union des municipalités du Québec affirme ne pas avoir été informé par Québec de la présentation de ce projet de loi à l'Assemblée nationale. « C'est assez surprenant, parce que cela se passe sur le territoire de l'ensemble des municipalités », relève Éric Forest, soulignant que les municipalités sont responsables de 100 000 des 130 000 km de route de la province.