CAQ : Janvier Grondin invite François Rebello à se taire

Janvier Grondin, député de Beauce-Nord Janvier Grondin, député de Beauce-Nord

Le député Janvier Grondin a invité mardi son collègue François Rebello à se taire plutôt que de mettre la Coalition avenir Québec (CAQ) dans l'embarras.

Le chef François Legault a été plus indulgent. Loin d'être un électron libre embarrassant, le transfuge péquiste est victime de « l'acharnement » de ses adversaires, a-t-il estimé.

Depuis son passage à la CAQ, en janvier, M. Rebello a tenu des propos controversés, souvent contraires aux positions de son parti. Il avait notamment surpris tout le monde, au premier chef ses collègues caquistes issus de l'ADQ, en alléguant que la coalition ferait avancer la cause souverainiste.

Or, M. Legault n'a jamais eu cesse d'afficher sa volonté de laisser de côté pour au moins 10 ans la question nationale.

Un nouvel incident est survenu mardi lorsque M. Legault a dû se dissocier d'une déclaration de son député de La Prairie au sujet du protocole de Kyoto.

Le leader de la CAQ a dit ne pas partager l'opinion de M. Rebello selon laquelle Québec devrait poursuivre en justice le gouvernement Harper pour avoir retiré le Canada du protocole.

« C'est une alternative que moi je ne retiens pas [...]. Je ne suis pas juriste, ni constitutionnaliste, est-ce possible ou non de le faire? Ce n'est pas ce qu'on privilégie », a dit M. Legault, en point de presse, au terme d'une réunion du caucus de ses députés.

M. Rebello a aussi heurté certains de ses collègues récemment lorsqu'il s'est exprimé librement sur les priorités d'un éventuel gouvernement de la coalition en matière d'environnement.

Sans consulter le caucus, M. Rebello a confié la semaine dernière que la CAQ tenterait de limiter à « une voiture par famille » le nombre d'automobiles en circulation grâce au transport en commun.

Cette idée « est écartée complètement », a rétorqué mardi le député de Beauce-Nord, Janvier Grondin.

De l'avis du député beauceron, une telle proposition n'a aucun sens dans les régions et les zones rurales où il n'y a pas de transport en commun.

« Ce qu'il voulait dire, c'est qu'il fallait mettre beaucoup d'efforts pour implanter les transports en commun dans les villes et les banlieues. Comment implanter un transport en commun dans la Beauce? Vous savez bien que c'est impossible », a-t-il expliqué.

M. Grondin a convenu que l'idée avancée par M. Rebello « a peut-être été mal interprétée » et qu'il n'a jamais été question d'imposer un « quota » de véhicules aux familles.

Néanmoins, il juge que son collègue de La Prairie parle trop.

« Devrait-il se taire? », a demandé un journaliste.

« J'imagine que oui », a laissé tomber sans détour le député.

De son côté, M. Legault a tenté de minimiser les controverses impliquant M. Rebello. À ses yeux, l'ex-député péquiste est victime de la hargne des souverainistes frustrés d'avoir perdu l'un des leurs.

« Je pense que, depuis le début, il y a un acharnement. On ne reconnaît pas le fait que M. Rebello, qui était souverainiste, puisse se retrouver dans un parti qui est nationaliste. Il va falloir que les gens s'habituent. François Rebello est dans la même équipe que des gars de l'ADQ et moi. On travaille ensemble pour relancer le Québec », a-t-il dit.

Pour l'essentiel, les neuf députés indépendants associés à la CAQ partagent une même vision des choses, a insisté M. Legault, soucieux de projeter une image d'unité.

« Des divisions il y en a partout, mais il ne faut pas en voir là ou il n'y en a pas. Sur les sujets de base, soit santé, éducation et économie, on est en plein accord », a-t-il fait remarquer.