Montréal : la manifestation contre les politiques du gouvernement tourne à l'affrontement

Affrontements entre la police et des manifestants. Les policiers ont aspergé les manifestants avec du poivre de Cayenne.   © PC/Ryan Remiorz

Le rassemblement qui visait à dénoncer les politiques budgétaires du gouvernement du Québec a donné lieu à des affrontements musclés entre la police et les manifestants, jeudi matin, devant la Tour de la Bourse.

Vers 10 h 30, des groupes de manifestants ont tenté d'empêcher l'accès à la Tour de la Bourse, via l'entrée de l'hôtel Delta située sur la façade ouest du bâtiment. L'escouade antiémeute du Service de police de la ville de Montréal est rapidement intervenue pour contrecarrer leurs plans et les empêcher de pénétrer à l'intérieur de l'édifice.

Manifestation anti-Charest à Montréal. Les policiers et les manifestants sont restés nez à nez durant 30mn.   © PC/Ryan Remiorz

Le face-à-face entre les manifestants et les policiers a environ duré une demi-heure. Les forces de l'ordre ont fait usage de poivre de Cayenne avant de procéder à l'arrestation de quatre manifestants.

Pendant ce temps-là, du côté du square Victoria, les organismes qui ont appelé à manifester revendiquaient pacifiquement. Regroupés sous la bannière de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, ils veulent réduire les écarts de richesse afin d'obtenir une société plus juste.

La manifestation s'est finalement dissipée vers 12 h 45.

Les manifestants réclamaient plus particulièrement:
  • l'annulation de la hausse des droits de scolarité de 1625 $ sur cinq ans;
  • l'abolition de la contribution santé de 200 $;
  • l'annulation des hausses de tarifs d'électricité prévues à l'horizon 2014.

« Ce que le gouvernement a fait dans son budget de 2010, et a renforcé dans son budget de 2011, c'est de faire porter le poids des tarifs et des taxes sur la classe moyenne, sur les gens à faible revenu », dénonce le coordonnateur du Front d'Action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), François Saillant.

« On a vu ça avec la taxe santé de 200 $ par année, qui s'impose aux gens, peu importe [leur] revenu, que tu gagnes 15 000 $ ou 1 500 000 $ », ajoute-t-il.

La Coalition demande au gouvernement Charest de considérer d'autres options fiscales qui permettraient de récolter plusieurs milliards de dollars. Sur son site Internet, elle propose 17 mesures susceptibles, selon elle, de rapporter jusqu'à 9 milliards de dollars par année à l'État.

Elle recommande notamment au gouvernement d'abolir certains abris fiscaux, d'ajouter un ou plusieurs paliers d'imposition, de diminuer le plafond d'imposition des REER, de lutter plus efficacement contre la fraude, de revoir les mesures fiscales destinées aux entreprises, de rétablir la taxe sur le capital des entreprises financières et d'adopter des mesures de contrôle du coût des médicaments.

Participation d'étudiants en grève

Des étudiants membres de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) participent à la manifestation, dans le cadre d'une série d'actions visant à faire reculer le gouvernement au sujet des droits de scolarité.

Jeudi prochain, la CLASSE organisera une première manifestation à Montréal pour souligner le déclenchement de la grève. À l'heure actuelle, 11 325 étudiants de huit associations de l'UQAM et de l'Université Laval sont en grève générale illimitée, un nombre qui est appelé à grossir au fur et à mesure que d'autres associations étudiantes tiendront des votes de grève.

Affrontements entre la police et des étudiants à Montréal. Policiers antiéemeute et manifestants se sont affrontés pendant une demi-heure.   © PC/Ryan Remiorz

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