Québec bonifie sa stratégie contre l'intimidation en milieu scolaire

Le premier ministre Jean Charest lors d'une conférence de presse contre l'intimidation en milieu scolaire Le premier ministre Jean Charest lors d'une conférence de presse contre l'intimidation en milieu scolaire

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, et la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, ont annoncé dimanche une série de mesures s'adressant aux jeunes, aux intervenants scolaires et aux parents afin de contrer le problème de l'intimidation.

Le gouvernement reconduit et bonifie ainsi le Plan d'action pour prévenir et traiter la violence à l'école, lancé en 2008.

Un projet de loi impliquant l'obligation d'intervenir en cas d'intimidation ou de violence sera déposé à l'Assemblée nationale.

De plus, une campagne nationale d'information d'une durée de trois ans visera les jeunes et abordera les thèmes de la cyberintimidation et de la violence, notamment. Des publicités seront diffusées à la télévision et sur Internet.

Finalement, le gouvernement invite les citoyens à signer la Déclaration québécoise d'engagement contre l'intimidation et la violence, mise en ligne dès dimanche sur le nouveau site moijagis.com.

Jean Charest a indiqué que son gouvernement voulait envoyer un message clair, comme le lui demandaient les Québécois.

« La stratégie se décline en quatre actions : mobiliser, communiquer, légiférer et agir. Elle s'articule autour du thème L'intimidation, c'est fini. Moi, j'agis. et fait appel non seulement à la mobilisation des élèves, de leurs parents et du personnel scolaire, mais aussi à celle de tous les Québécoises et Québécois. L'intimidation nous concerne toutes et tous. » — Jean Charest

Les ministres de la Sécurité publique, Robert Dutil, de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, étaient aussi présents pour cette annonce.

Une annonce plutôt bien reçue, mais...

Réjean Parent, le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) salue l'initiative de Québec mais reste prudent. « Ce n'est pas parce qu'on plante un pommier que l'on peut manger tout de suite une pomme, on verra ce que va produire le projet de loi, les moyens », a-t-il dit en entrevue au Réseau de l'information (RDI).

La CSQ, le plus grand syndicat d'enseignants au Québec, aurait souhaité que la nouvelle stratégie s'applique aussi au secteur collégial. Elle souligne qu'il n'y a pas de sommes supplémentaires pour appuyer les nouvelles mesures mises en place.

De son côté, la présidente de l'Association québécoise des directions d'écoles du Québec (AQPDE), Danielle Boucher, et le président de l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire (AMDES), Gaétan Neault, croient que la nouvelle stratégie gouvernementale de mobilisation contre l'intimidation et la violence à l'école est un pas vers la solution pour éradiquer la violence en milieu scolaire.

Et puis la Fondation Jasmin Roy, qui a pour mission de lutter contre la discrimination, l'intimidation et la violence faites aux enfants en milieu scolaire aux niveaux primaire et secondaire, souligne aussi que l'annonce est un pas dans la bonne direction. Mais elle ajoute qu'elle ne règle pas la question de nommer une personne par école responsable du dossier de lutte contre l'intimidation, « une problématique qui est de plus en plus visible en milieu scolaire ».

Deux en deuxIl s'agit d'une deuxième conférence dominicale en deux semaines. Dimanche dernier, le premier ministre et son ministre de l'Environnement Pierre Arcand avaient invité les journalistes, à la dernière minute, à un point de presse, sur le Plan Nord et les territoires protégés.

Le premier ministre Charest, avait alors dévoilé les six grandes orientations pour la préservation de l'environnement et de la biodiversité de 20 % du territoire couvert par le Plan Nord à l'horizon 2020.

L'opposition croit que ces soudaines interventions publiques sont peut-être le prélude au déclenchement d'une campagne électorale. La chef péquiste Pauline Marois a dit s'y attendre, samedi.

Le premier ministre a pourtant écarté cette semaine l'idée de tenir des élections ce printemps au Québec. C'est du moins ce qu'il a annoncé jeudi à Victoriaville, où se réunissait le caucus de son parti en prévision de la rentrée parlementaire la semaine prochaine.

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