Jean Charest a rencontré les journalistes après le caucus du PLQ.
Au terme du caucus du Parti libéral du Québec, à Victoriaville, le premier ministre Jean Charest a tenté vendredi de calmer les spéculations sur un scrutin prochain. Interrogé par un journaliste, il a dit écarter tout déclenchement d'une élection avant le 20 ou 21 avril, date d'un colloque sur le Plan Nord organisé à Montréal.
Le chef du gouvernement a fait cette mise au point au cours du point de presse qui concluait une réunion de deux jours avec ses députés, afin de préparer la reprise des travaux parlementaires mardi prochain.
À l'entrée du caucus libéral, la veille, Jean Charest avait rejeté l'hypothèse d'un scrutin printanier, mais des ministres libéraux avaient tout de même admis « être prêts » pour des élections.
Jean Charest avait déclenché des élections en novembre 2008, même s'il avait assuré quelques semaines plus tôt qu'il n'envisageait pas la tenue d'un scrutin.
Enquête de la SQ : Jean Charest se fait rassurant
Bombardé de questions sur la tenue de l'enquête de la Sûreté du Québec sur la divulgation d'informations aux médias dans l'affaire Davidson, Jean Charest a voulu se faire rassurant.
« Le but de l'enquête ne vise pas les journalistes, ni à restreindre d'aucune façon la liberté de la presse », a-t-il assuré, ajoutant que cela vise plutôt les activités policières.
Certains craignent que les journalistes ne soient victimes d'écoute électronique ou qu'ils voient leur correspondance électronique ouverte, les partis d'opposition parlant même d'intimidation.
Le ministre Robert Dutil
Reprenant les propos du ministre de la Sécurité publique du Québec, Robert Dutil, M. Charest a soutenu que l'enquête « n'a pas été initiée par le politique ». Le ministre Dutil n'a fait qu'« accéder à la demande du DPCP [Directeur des poursuites criminelles et pénales] », a-t-il martelé.
Charest chez les Desmarais
Le premier ministre a également été interrogé sur ses séjours au domaine de la famille Desmarais, à Sagard dans Charlevoix. Le premier ministre avait déjà admis s'y être rendu, mais a été avare de détails.
« J'ai eu l'occasion de dire que j'y suis allé. Et lorsque j'y suis allé, c'était une activité sociale, où il y avait plusieurs centaines de personnes et je n'ai pas fait l'objet de lobbying. Je pense que la réponse est claire », a-t-il répondu. « Les réponses qu'on donne sont très honnêtes et sont fondées sur la compréhension que nous avons de nos responsabilités. Il faut faire confiance aussi », a-t-il ajouté.
S'il a précisé qu'il était accompagné de sa femme et qu'il n'avait pas passé la nuit dans le domaine, il a refusé de dire combien de fois il y était allé en visite.
Des médias rapportaient récemment que Michael Sabia, président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, y avait séjourné pendant quelques jours, l'été dernier. Le Commissaire au lobbyisme a indiqué qu'il se pencherait sur ces révélations et le Parti québécois a réclamé la comparution de M. Sabia devant une commission parlementaire.
« Je fais confiance à M. Sabia, je fais confiance à son bon jugement », a dit à ce sujet M. Charest.
Cap sur l'économie et l'exploitation des ressources naturelles
Le chef libéral a également parlé de ses priorités législatives pour la prochaine session. « Ça va être assez chargé sur le plan législatif », a-t-il dit. Au menu, notamment, la Loi sur la Société du Plan Nord, la Loi sur les mines et la Loi sur les aires protégées, visant notamment à protéger 50 % du territoire couvert par le Plan Nord d'ici 2035.
Il a par ailleurs annoncé que le gouvernement organiserait, les 20 et 21 avril prochains, un forum sur le Plan Nord avec la Chambre de commerce de Montréal, ajoutant que « le Plan Nord [avait] beaucoup de répercussions dans le sud » de la province.
Jean Charest a également évoqué le budget qui sera déposé en mars prochain, qu'il a qualifié de « budget de rigueur », et a assuré garder le cap sur l'équilibre budgétaire en 2013-2014. Inscrivant de nouveau le développement économique au centre de son discours, il a notamment rappelé que son gouvernement mobiliserait à nouveau des comités de vigie économique avec lesquels il avait déjà travaillé.
La politique Vieillir chez soi, à laquelle collaboreront 13 ministères et organismes, ainsi que la lutte contre l'intimidation dans le milieu scolaire feront aussi partie des enjeux étudiés au cours de la session.