Image tirée de la publicité du site voteprayserve.ca
Un site Internet évangéliste a contrevenu à la Loi électorale du Canada pendant toute la dernière campagne fédérale, en diffusant une publicité électorale déguisée. Selon Élections Canada, les responsables du site auraient dû dire ouvertement qu'ils soutenaient les conservateurs.
Au printemps dernier, le site web évangéliste voteprayserve.ca avait suscité de nombreuses réactions. On y voyait, par exemple, une fillette qui réclame un Canada où ne tue pas les bébés, une référence directe à l'avortement. Un petit garçon disait de son côté vouloir vivre dans un Canada « où les mamans sont des mamans, et les papas des papas », un message contre les mariages gais.
Le site évangéliste encourageait les gens à appuyer une liste de candidats qui partagent des valeurs qualifiées de familiales. Or, ces candidats étaient surtout des députés conservateurs.
Après enquête, le commissaire aux élections conclut que le site voteprayserve.ca constituait une publicité électorale. Élections Canada juge donc que les responsables auraient dû s'identifier et préciser qu'ils faisaient de la publicité politique, des exigences qu'ils devront respecter la prochaine fois.
« L'explosion d'information et de sites web et de blogues sur Internet, ce n'est pas fini, ça va continuer », constate John Enright, porte-parole d'Élections Canada. L'organisme indépendant a constaté une abondance de ces cas sur le web lors du dernier scrutin.
Ces cas sont souvent problématiques, puisque les responsables sont souvent difficiles à joindre. « Beaucoup de ces compagnies Internet ne sont pas basées au Canada », précise John Enright.
Revoir la définition de la publicité électorale?
Élections Canada demande ainsi au gouvernement fédéral de mieux définir ce qu'est la publicité électorale à l'ère de l'Internet.
Mais Élections Canada devra prendre son mal en patience. Le ministre d'État à la Réforme démocratique, Tim Uppal, dit qu'il n'a pas l'intention de revoir la définition de publicité électorale sur le web, du moins, pas pour l'instant.
D'après un reportage de Brigitte Bureau