Le premier ministre du Québec, Jean Charest, et le négociateur en chef pour le Québec de l'AECG, Pierre Marc Johnson
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PC/Clément Allard
La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) craint qu'un futur accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne n'entraîne la privatisation de certains pans du réseau de la santé et des services sociaux de la province.
La FIQ base ses inquiétudes sur des documents secrets, obtenus par le Réseau québécois sur l'intégration continentale (RQIC) et rendus publics mercredi, concernant les négociations en cours entre Ottawa et Bruxelles pour la conclusion de l'Accord économique et commercial global (AECG).
Après avoir dévoilé le mois dernier les offres canadiennes et québécoises concernant les services et l'investissement, le RQIC a récidivé en dévoilant des documents qui détaillent les positions que défendent Ottawa et Québec à la table des négociations en matière de services financiers.
Les offres en matière de services financiers touchent notamment l'industrie de l'assurance. La FIQ s'étonne donc que la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) ne soit pas inscrite dans les clauses de réserve, comme c'est le cas pour la Société des alcools du Québec et la Société des établissements de plein air du Québec, selon d'autres documents obtenus par le RQIC.
« Puisque la RAMQ agit comme assureur public pour les soins de santé, il y a tout lieu de craindre que le panier des services assurés publiquement rétrécisse comme peau de chagrin, dans le but de laisser libre cours au marché et aux régimes privés d'assurance maladie et hospitalisation », s'inquiète la vice-présidente à la FIQ, Michèle Boisclair, par voie de communiqué.
Des négociations discrètes
Les offres canadiennes et québécoises sont secrètes, puisque seuls les équipes de négociation, les gouvernements et quelques députés européens les connaissent. Les députés canadiens et québécois ne sont d'ailleurs pas informés du détail des pourparlers.
Depuis mai 2009, le Canada et l'Union européenne négocient un ambitieux accord de libre-échange qui permettrait, entre autres, l'ouverture des marchés publics fédéraux et provinciaux aux entreprises européennes, une plus grande libéralisation des investissements et un accès accru aux marchés européens pour les entreprises d'ici.
Le 8 décembre dernier, le négociateur en chef pour le Québec, Pierre Marc Johnson, a fait le point sur l'état des négociations en commission parlementaire. M. Johnson s'est fait rassurant quant à l'accord, mais plusieurs députés de l'opposition craignent tout de même un affaiblissement des pouvoirs du Québec si celui-ci est ratifié.