Un député conservateur compare le registre des armes à feu à une politique nazie

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Arme à feu sur fond de feuille d'érable

Le député conservateur Larry Miller a comparé le registre des armes à feu aux politiques nazies d'Adolf Hitler, mardi, au Parlement, lors de l'étape du rapport sur le projet de loi C-19 concernant l'abolition du registre des armes d'épaules.

« La sénatrice Sharon Carstairs a dit que le registre des armes de chasse était "la première étape dans la réingénierie sociale des Canadiens". Pouvez-vous croire cela, monsieur le président? [L'ingénierie sociale], c'est ce qu'Adolf Hitler a tenté de faire dans les années 1930. » — Larry Miller, député conservateur

Larry Miller a ensuite ajouté que « le registre des armes à feu n'est rien d'autre qu'une idée des libéraux des années 1990 selon laquelle les armes à feu sont démoniaques et doivent être retirées des mains de la population. Encore une fois, à qui cela fait-il penser? ».

Le député Larry Miller Le député Larry Miller   © YouTube

Le conservateur s'est rétracté plus tard, mais le chef libéral par intérim, Bob Rae, a tout de même condamné ses propos, soutenant qu'il s'agissait d'un manque de respect pour les victimes du nazisme et pour tous ceux qui se sont battus contre le régime hitlérien.

« C'est abominable ce qui arrive dans le débat canadien. Comment le député Miller peut-il dire de telles choses? » — Bob Rae, chef libéral par intérim

Débats limités

Le gouvernement conservateur a par ailleurs voté en faveur d'une motion, mardi, pour limiter les débats sur l'abolition du registre des armes à feu à une journée à l'étape du rapport et à deux jours en troisième lecture. Une majorité de 150 députés a voté pour adopter la mesure et 132 ont voté contre.

Le projet de loi C-19 vise à éliminer l'obligation d'enregistrer les armes d'épaule et les autres armes à feu qui ne sont ni restreintes, ni interdites par la loi, en plus de prévoir la destruction de toutes les données recueillies depuis la mise sur pied de ce registre.

Le projet de loi a été déposé après les élections générales de juin dernier. Il a passé le cap de la deuxième lecture en novembre.

Les conservateurs estiment que la suppression du registre fait l'objet d'un débat depuis déjà plusieurs années et que le temps est venu de régler la question.

Étape du rapport« Après qu'un projet de loi a été examiné en comité, la Chambre peut l'étudier à nouveau au cours d'une étape appelée l'étape du rapport. Les députés, particulièrement ceux qui ne sont pas membres du comité, peuvent alors proposer des motions visant à modifier le texte du projet de loi. Ils doivent en donner avis par écrit. Le débat porte sur les amendements, et non sur le projet de loi dans son ensemble. »

Source : Chambre des communes

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