Le premier ministre du Québec, Jean Charest, au côté de son homologue de Colombie-Britannique, Christy Clark
Le Conseil de la fédération, qui se tenait à Victoria, en Colombie-Britannique, s'est soldé par une rare unanimité des premiers ministres des provinces et des territoires sur la question des transferts fédéraux en santé.
S'ils ont renouvelé leurs critiques à l'endroit du gouvernement Harper pour vouloir imposer un nouveau système de calcul sans avoir consulté ses partenaires provinciaux, ils ont aussi montré qu'ils entendaient prendre le leadership dans ce dossier, en annonçant la création de deux groupes de travail.
Un premier groupe, qui sera dirigé par le premier ministre du Manitoba, Greg Selinger, et composé des ministres provinciaux et territoriaux des Finances, sera mandaté pour évaluer les impacts de la décision d'Ottawa. M. Selinger dressera ensuite le portrait de la situation et fera rapport auprès du Conseil.
Au cours d'un point de presse réunissant tous ses homologues, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a de nouveau accusé le gouvernement fédéral « de se désister de ses responsabilités », qualifiant cette situation d'« exceptionnelle ». Lui et ses collègues, a-t-il dit, s'attendaient à ce que le fédéral lance un processus de consultation auprès des provinces en décembre, et non qu'il annonce une décision unilatérale.
« C'est une des meilleures réunions du Conseil de la fédération que j'ai faites depuis que je suis premier ministre du Québec », s'est-t-il réjoui, évoquant des « discussions ouvertes [et] très enrichissantes ».
Québec estime à 200 millions de dollars par année le manque à gagner occasionné par le plan annoncé par le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty.
L'innovation au menu
Les premiers ministres Brad Wall, de la Saskatchewan (à gauche), et Robert Ghiz, de l'Île-du-Prince-Édouard (à droite), coprésideront le groupe de travail sur l'innovation. À leurs côtés, leur homologue de la Colombie-Britannique, Christy Clark.
Photo : PC/JONATHAN HAYWARD
Les premiers ministres ont aussi annoncé la création d'un groupe de travail sur l'innovation en matière de santé.
Ce groupe, qui réunira l'ensemble des ministres de la Santé des provinces et des territoires, sera coprésidé par le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Robert Ghiz, et le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall.
Selon les chefs des gouvernements provinciaux, l'objectif de cette initiative « est de favoriser la mise en place d'un processus coopératif en matière de transformation et d'innovation qui contribuera à assurer la viabilité des soins de santé ».
« Cet accent sur l'innovation permettra également d'accroître la capacité des provinces et des territoires à mieux relever les défis propres à leurs systèmes de santé, notamment les besoins des aînés, des patients aux prises avec une maladie chronique et des populations du Nord », poursuivent-ils.
« Le message que nous souhaitons transmettre est que nous travaillons ensemble pour innover et offrir de meilleurs soins aux aînés et à tous les Canadiens », a fait valoir la première ministre britanno-colombienne Christy Clark, qui présidait la rencontre.
Selon Mme Clark, la mise sur pied du groupe de travail est une « mesure énergique ».
Le premier ministre saskatchewanais, Brad Wall, a soutenu que les premiers ministres « souhaitent la création d'une approche nouvelle qui assurera des soins de qualité, qui demeureront viables ».
Le groupe de travail prévoit se réunir à deux reprises avant de présenter un premier rapport à l'occasion de la prochaine rencontre du Conseil de la fédération, qui aura lieu cet été, à Halifax.
Harper reste ferme
En conférence de presse, à Saguenay, mardi, le premier ministre Harper a pour sa part maintenu sa position ferme dans ce dossier.
« Depuis notre arrivée en fonction, nous avons augmenté nos transferts de 19 à 27 milliards de dollars. À la fin de cette décennie, ces transferts vont augmenter à 40 milliards de dollars », a-t-il affirmé.
« J'espère maintenant, avec la situation des transferts, qui est très connue, que les provinces peuvent se concentrer sur la réforme et la livraison du système de santé », a-t-il poursuivi.
Selon le premier ministre Harper, les Canadiens ne s'attendent pas à un débat sur le financement, mais plutôt à un examen de ce qui est nécessaire pour offrir des soins de santé de meilleure qualité.