Coalition avenir Québec

Fusion CAQ-ADQ : le vote est en cours

Gerard Deltell et Francois Legault Gerard Deltell et Francois Legault  Photo :  PC/Jacques Boissinot

Les membres de l'Action démocratique du Québec (ADQ) peuvent voter depuis ce matin sur la fusion de leur parti avec la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.

Les militants adéquistes ont jusqu'au 19 janvier pour se prononcer par la poste. Dans un envoi postal, ils ont reçu le projet d'entente, le bulletin de vote, des lettres du chef adéquiste Gérard Deltell et du président du parti Christian Lévesque, et une autre de la firme Raymond Chabot Grant Thornton expliquant la procédure.

Les résultats du vote seront annoncés le 22 janvier.

Selon Richard Thibault, président de la commission des communications de l'ADQ, 2521 membres déjà en règle sont appelés à s'exprimer, auxquels s'ajoute une douzaine de membres qui ont renouvelé leur appartenance au parti depuis l'entente.

Or, quelque 950 membres dont la carte était échue depuis septembre pouvaient la renouveler.

Selon M. Thibault, qui se base sur diverses conversations qu'il a eues, nombreux sont ceux qui n'ont pas repris leur carte, tenant la fusion pour acquise.

« On aurait pu penser que les opposants auraient profité de cette occasion pour s'inscrire », avance M. Thibault à Radio-Canada.ca, qui en déduit que l'appel des dissidents n'a donc pas vraiment été entendu.

« Ça m'apparaît comme l'hypothèse la plus plausible », conclut-il.

La question soumise aux membres de l'ADQÊtes-vous en faveur de l'entente de principe intervenue entre l'Action démocratique du Québec et la Coalition Avenir Québec en vue de leur fusion? Oui ou non?

Fidèles et dissidents s'affrontent

La fusion avec le nouveau parti de François Legault ne fait pas l'unanimité et divise les troupes adéquistes.

Le président et le vice-président de la commission politique de l'ADQ, Claude Garcia et Adrien Pouliot, deux hommes recrutés par le chef adéquiste Gérard Deltell, ont d'ores et déjà fait savoir leur désaccord avec le projet d'entente.

Selon Claude Garcia, les différences entre le programme de l'ADQ et de la CAQ sont fondamentales, notamment au regard du rôle de l'État dans la société québécoise.

« C'est certain qu'il y a des propositions qui se ressemblent entre les partis politiques. Mais ce sur quoi il faut s'attarder... il faut regarder le texte de l'entente. À Trois-Rivières [NDLR : où a lieu le dernier congrès de l'ADQ, en mai 2011], nous on a parlé de moins d'État pour mieux gouverner, et dans le texte de l'entente, on parle de mieux d'État [sic] pour mieux gouverner », explique-t-il.

Déçus de l'orientation suivie par leur exécutif, certains militants ont d'ailleurs annoncé qu'ils souhaitaient fonder un nouveau parti politique afin de préserver les valeurs de l'ADQ, qu'ils craignent de voir dissoutes dans la CAQ.

Sans même attendre le résultat du vote, le nom « Équipe autonomiste » a donc été réservé par un militant auprès du directeur général des élections.

Selon l'ancien directeur de cabinet de Mario Dumont, Jean Nobert de nouvelles voix s'élèvent chaque jour contre le mariage avec la CAQ.

Il accuse les responsables du parti d'avoir agi en catimini et d'avoir tenu pendant des mois les militants « dans l'ignorance par des dirigeants qui se négociaient des fonctions au sein de la CAQ. »

Le chef adéquiste Gérard Deltell soutient pour sa part que l'ADQ et la Coalition représentent les véritables forces du changement et qu'elles doivent s'unir pour réussir.

Le fondateur et premier chef de l'ADQ, Jean Allaire, a quant à lui appelé les membres du parti en déclin à accepter sa disparition, en affirmant que les forces adéquistes n'ont d'autre choix que de se rallier à la formation de François Legault pour que leurs propositions continuent à faire leur chemin.

François Legault refuse pour sa part de commenter le vote en cours.

La fusion : seul scénario sur la table pour l'ADQ

Rien dans les statuts du parti ne prévoit ce qui en sera de l'ADQ si la fusion ne passe pas, explique Richard Thibault, président de la commission des communications de l'ADQ à Radio-Canada.ca.

En fait, les statuts n'abordent aucunement cette question.

Le résultat du vote fera donc effet de précédent, sans suite si la fusion est appuyée.

M. Thibault insiste pour ne pas s'avancer sur le terrain hypothétique d'un refus de la fusion par les membres : « Voyons ce qui arrivera quand ça arrivera »

Il tient à préciser que le vote en cours n'est d'aucune façon un référendum, ce qui explique, avance-t-il, que les arguments des dissidents ne soient pas rapportés dans les documents envoyés aux membres en règle appelés à voter.

« Il ne s'agit pas d'un argumentaire pour le OUI, il n'y a pas de comités. » — Richard Thibault

Il estime que la voie choisie pour consulter les membres est la plus démocratique. Un congrès, soutient-il, permet de rejoindre bien moins de militants. Il souligne par ailleurs que l'exécutif du parti, qui a entériné le projet de fusion, est la plus haute autorité à l'ADQ entre les congrès.

Les différentes lettres contenues dans l'envoi postal rappellent le déroulement des négociations (lettre de Gérard Deltell), la décision de l'exécutif du parti en faveur de la fusion, le contenu de l'entente de principe sur cette dernière et une explication du processus. Le dépouillement est assuré par la firme Raymond Chabot Grant Thornton.

M. Thibault rappelle par ailleurs que la demande d'opposants à la fusion d'obtenir la liste des membres pour faire valoir auprès d'eux directement leur point de vue a été rejetée pour des raisons strictement juridiques.

Extraits de l'entente L'ADQ adhère aux principes des propositions rendues publiques par la Coalition le 14 novembre 2011 dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'économie, de la langue et la culture ainsi qu'en ce qui a trait à la lutte à la corruption et l'intégrité des services publics du Québec.

La Coalition fait sienne la contribution politique de l'ADQ et en reconnaît la richesse. Cette contribution servira à la rédaction du programme de la Coalition.

Avant que l'adhésion de l'ADQ à la Coalition ne soit effective, l'ADQ fournira à la Coalition une liste de candidats potentiels évalués en vue de la prochaine campagne électorale.