Médecins de famille : la solution Bolduc ambitieuse mais atteignable, dit la FMOQ

Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) estime que l'objectif fixé par le ministre de la Santé, Yves Bolduc, pour mettre un terme à la pénurie de médecins de famille d'ici 2016 est ambitieux, mais tout de même atteignable.

Le ministre Bolduc a déclaré dimanche qu'il compte notamment sur le nombre supplémentaire de médecins formés depuis 2003 pour permettre à chaque Québécois qui le souhaite d'avoir accès à un médecin de famille.

Selon le président de la FMOQ, Louis Godin, plusieurs conditions devront être remplies pour que l'objectif puisse être atteint, dont l'augmentation du nombre d'étudiants en médecine familiale. M. Godin croit également que la demande de soins devra cesser de croître de façon importante et que le ministère devra être en mesure d'apporter plus de soutien aux médecins omnipraticiens qui sont déjà là pour mettre fin à la pénurie.

« 2016, ça demeure un objectif ambitieux, mais si tout était réalisé, ce serait peut-être atteignable. » — Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec

Pour M. Godin, la solution au problème passe notamment par une réorganisation du travail. « Il faut être capable de s'adapter à la réalité locale et régionale. Les groupes de médecine familiale, c'est intéressant, mais on a encore 1500 à 2000 médecins à qui il faut donner du support. Il faut s'assurer que le patient qui a besoin d'une consultation rapide puisse voir un médecin sans aller à l'urgence », affirme-t-il.

Assez d'effectifs, selon les médecins spécialistes

De son côté, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Gaétan Barette, maintient que le nombre de médecins est suffisant. « On le dit depuis toujours et le ministre l'a confirmé, il y a assez de médecins au Québec. Il y a un problème de capacité et d'heures travaillées », estime-t-il.

Selon M. Barrette, le ministre de la Santé aurait dû imposer aux médecins omnipraticiens une augmentation de salaire conditionnelle à « une augmentation de production. »

En réponse au ministre Bolduc, qui affirme que trop de médecins sont formés dans certaines spécialités médicales, tandis que d'autres sont délaissées, le président de la FMSQ reproche à Yves Bolduc d'avoir créé un nouveau programme de formation en chirurgie cardiaque en sachant que cela n'était pas nécessaire.

Gaétan Barrette a par ailleurs refusé de dire s'il songeait ou non à être candidat pour la Coalition avenir de Québec de François Legault en vue des prochaines élections : « J'ai un travail, et il n'y a pas d'élections », s'est-il contenté de répondre en entrevue à RDI.