Les militaires canadiens déployées en Libye auront droit à une salve d'honneur de 21 coups de canon.
Les militaires canadiens déployés en Libye feront leur retour au pays en grande pompe. Le gouvernement conservateur veut saluer leur apport à cette mission lors d'une cérémonie prévue la semaine prochaine à Ottawa. La manifestation, organisée moins de quinze jours après la commémoration du jour du Souvenir, ne fait pas l'unanimité.
Le premier ministre Stephen Harper a expliqué, dans un communiqué, vouloir rendre « hommage aux plus de 2000 hommes et femmes courageux qui portent l'uniforme dont le dévouement, la bravoure et le professionnalisme ont aidé les Libyens à mettre un terme à 42 ans d'oppression aux mains du régime Kadhafi ».
Le chef du gouvernement et le ministre de la Défense, Peter MacKay, participeront à cette manifestation qui se déroulera le 24 novembre sur la colline du Parlement, en présence du lieutenant-général Charles Bouchard, l'officier canadien qui dirigeait les opérations de l'OTAN en Libye.
Selon plusieurs sources, la cérémonie protocolaire comprendra l'inspection de la garde d'honneur, un salut royal, une salve d'honneur de 21 coups de canon et un défilé aérien, avec trois vagues d'avions militaires qui survoleront le Parlement.
« C'est une reconnaissance de l'importante contribution que le Canada a offerte au peuple libyen, en l'aidant sur la route menant à la paix et à la stabilité de son pays », a indiqué le ministre MacKay lorsqu'il a annoncé mercredi la tenue de la cérémonie.
Une première au pays
Une telle cérémonie pour marquer la fin d'une mission militaire est pour le moins inusitée. Personne ne se souvient avoir vu un tel hommage sur la colline du Parlement. Notamment le député libéral Denis Coderre, en poste à Ottawa depuis 15 ans. « J'imagine que ça doit être la méthode conservatrice », a-t-il lancé lors d'un point presse.
Sur le fond, le Parti libéral ne voit pas d'un mauvais oeil cet hommage rendu aux soldats canadiens qui risquent leur vie. Sur la forme, Denis Coderre affirme toutefois qu'il « ne faut pas utiliser ces militaires à des fins de propagande et à des fins politiques ». Il émet également des réserves quant à la facture de l'événement.
Après le virage royal des derniers mois, le Nouveau Parti démocratique (NPD) craint pour sa part une redéfinition du patriotisme canadien. Selon le député de Rosemont-La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, le jubilé organisé sur la colline du Parlement témoigne en effet « de la dérive des conservateurs vers un État beaucoup plus militariste ». Il trouve également que les festivités, avec feu d'artifice, sons et lumière, sont « peut-être un peu exagérées ».
Le ministère de la Défense, le cabinet du ministre Peter McKay et Patrimoine canadien n'ont pas souhaité parler du coût de la cérémonie.
Les militaires canadiens déployés en Afghanistan doivent maintenant attendre leur tour. Le ministre MacKay a expliqué que leur cérémonie sera organisée en 2014, après la fin de la mission de formation dirigée par l'OTAN.