Les omnipraticiens satisfaits des pouvoirs accordés aux pharmaciens

Des pharmaciennes au travail

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) se dit satisfaite du choix du gouvernement de ne pas donner aux pharmaciens, avec le projet de loi 41, le pouvoir d'administrer des vaccins et de prescrire des médicaments lorsqu'un diagnostic est requis.

La FMOQ avait exprimé d'importantes réserves, au cours des derniers mois, sur ces revendications précises de l'Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ). La question du diagnostic préoccupait particulièrement la fédération, qui considère qu'il s'agit d'un acte relevant de la médecine.

« Pour poser un diagnostic, il faut avoir la capacité de questionner, d'examiner un patient », a expliqué le Dr Louis Godin, président de la FMOQ, en entrevue à RDI. « Cela se fait dans le bureau d'un médecin, cela demande la formation d'un médecin et, pour cela, nous avions d'énormes réticences par rapport au projet initial », a-t-il ajouté.

louis-godin-omnipraticien

Quant à la question de la vaccination, les médecins omnipraticiens estiment que comme des complications après les injections sont possibles, il est important qu'une surveillance clinique soit assurée et que des interventions d'urgences soient prévues. « Seuls les médecins et les infirmières ont la formation et la compétence pour agir à ce niveau », a précisé le Dr Louis Godin.

Projet de loi 41Après les modifications législatives prévues dans le projet de loi 41, les pharmaciens de la province pourront :
  • prolonger certaines ordonnances qui ne sont plus renouvelables (de la même durée que la prescription initiale);
  • adapter une ordonnance au poids d'un patient ou à ses allergies;
  • interpréter certaines analyses de laboratoire;
  • administrer certains médicaments à des fins d'enseignement (comme pour expliquer à un patient l'utilisation d'une pompe pour l'asthme);
  • prescrire certains médicaments quand le diagnostic n'est pas requis.

La FMOQ juge plusieurs mesures pertinentes

Dans un communiqué, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec indique par ailleurs qu'elle a toujours trouvé acceptables certaines des revendications des pharmaciens incluses dans le projet de loi déposé mardi à l'Assemblée nationale.

Elle appuie les mesures liées à la prolongation et à l'ajustement de certaines ordonnances en fonction de critères précis, à l'administration de certains médicaments à des fins d'enseignement et à l'interprétation de certains tests de laboratoire.

La FMOQ estime qu'il s'agit de « changements logiques », qui s'inscrivent dans une « optique de collaboration interprofessionnelle et de continuité de soins pour les patients ».

Si l'Ordre des pharmaciens du Québec invoquait l'urgence de désengorger le réseau de la santé pour justifier la nécessité d'accorder plus de pouvoirs à ses membres, la FMOQ dit maintenant souhaiter que le gouvernement procède aux investissements requis en médecine familiale. « C'est là que se trouve la seule véritable solution au manque d'accessibilité aux soins de première ligne », a soutenu le Dr Godin.