Démission du rédacteur de discours de Jean Charest

Exclusif - Le principal rédacteur de discours de Jean Charest a démissionné, a appris Radio-Canada.

Patrice Servant affirme qu'il n'est plus capable de relayer la position du gouvernement sur une commission d'enquête publique sur la construction. Il croit fermement que le Québec a besoin d'une enquête publique.

Le reportage de Sébastien Bovet

Depuis 2002, d'abord comme membre du personnel du bureau du premier ministre, ensuite comme pigiste, Patrice Servant a écrit presque tous les discours importants de Jean Charest. Mais aujourd'hui, il ne veut plus.

Il a rompu les ponts il y a une semaine, incapable, dit-il, de défendre la position du gouvernement qui refuse d'instituer une enquête publique sur la construction.

Joint au téléphone par Radio-Canada, il se dit « mal à l'aise de relayer la position du gouvernement qui n'est pas dans le meilleur intérêt des citoyens ». « C'est devenu un cas de conscience », a-t-il ajouté.

Il précise par ailleurs qu'il ne part pas en mauvais terme après une dizaine d'années de collaboration avec Jean Charest.

L'opposition a profité de cette défection pour s'en prendre au premier ministre.

« C'est un coup très dur pour lui parce que c'est la personne de confiance qui depuis des années tenait la plume, rédigeait ses discours et là, il vient dire : "Moi, je suis plus capable de défendre la position du gouvernement". Donc clairement, la carapace libérale s'effrite. » — Nicolas Girard, porte-parole du Parti québécois en matière de transports

Pour l'Action démocratique du Québec, M. Servant ne doit pas être le seul à mal digérer la position du gouvernement.

« S'il démissionne parce qu'il a des problèmes en contradiction avec sa conscience, il y a d'autres personnes dans l'entourage de Jean Charest qui sont dans la même contradiction. » — Sylvie Roy, leader parlementaire, ADQ

Au bureau de Jean Charest, on minimise le départ de Patrice Servant. L'attaché de presse du premier ministre affirme que M. Servant a demandé de prendre une pause et que d'autres rédacteurs prendront la relève.

D'après le reportage de Sébastien Bovet

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