Coupes de 800 millions $ : la CSQ dénonce l'obsession du déficit zéro

Des enfants travaillent en classe Le ministère de l'Éducation devra amputer environ 200 millions de dollars à son budget pour l'année en cours.   © Ted S. Warren

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) voit venir avec appréhension la nouvelle vague de compressions prévues par Québec.

Selon les informations colligées par La Presse et Le Devoir, Québec imposerait en effet à tous ses ministères des compressions de 800 millions de dollars pour l'année financière en cours dans le cadre de son effort de retour à l'équilibre budgétaire.

Les ministères de l'Éducation et de la Santé devront fournir plus de la moitié de cet effort, pour un montant total d'économies de 500 millions de dollars.

Le président de CSQ, Réjean Parent, ne croit pas, contrairement à ce qu'affirme au Devoir l'attachée de presse au Conseil du trésor, Isabelle Mercille, que les coupures « touchent uniquement les dépenses administratives ».

« J'ai un fort doute que les services ne seront pas touchés étant donné que nous constatons déjà les effets de la première vague de coupes dans plusieurs commissions scolaires et collèges. Cela nous fait craindre le pire pour la suite des choses, car les compressions risquent de compromettre davantage les services aux élèves et à la population. C'est injustifiable et inacceptable », a fait savoir M. Parent.

Le président de la CSQ, le plus important syndicat en éducation au Québec, déplore « l'acharnement gouvernemental à vouloir à tout prix atteindre l'équilibre budgétaire pour 2013-2014 ».

« C'est une folie. On est la seule province qui maintient ce cap là pour l'année prochaine. » — Réjean Parent, président de la CSQ

Selon les deux quotidiens montréalais, les nouvelles compressions seraient en partie liées aux dépassements de coûts des travaux routiers, ceux liés aux inondations en Montérégie et aux revenus d'exportation plus faibles que prévu.

Le ministère de l'Éducation, qui devra ponctionner environ 200 millions de dollars de son budget de 15 milliards, affirme pouvoir y arriver à même ses surplus.

Pourtant, vendredi, les directeurs des 48 cégeps de la province se sont réunis d'urgence avec les présidents de leur conseil d'administration pour voter à l'unanimité une résolution condamnant ces nouvelles amputations à leur budget, selon Le Devoir. Ils promettent des actions publiques de dénonciation.

Du côté de la santé, les compressions demandées s'élèveraient à environ 300 millions de dollars sur un budget global de 29,1 milliards. Encore là, on affirme que les coupes se feront à l'intérieur du ministère.