Une quinzaine d'endroits ont été perquisitionnés par l'UPAC en avril.
La nouvelle Unité permanente anticorruption (UPAC) du ministère de la Sécurité publique du Québec pourrait être en mesure d'empêcher le départ de plusieurs des enquêteurs chevronnés recrutés par l'Unité anticollusion (UAC) du ministère des Transports.
Ces enquêteurs, embauchés sur une base contractuelle, refusent de se soumettre aux examens d'entrée normalement obligatoires pour obtenir le statut de fonctionnaire nécessaire à leur embauche au sein de l'UPAC. Leur départ pourrait compromettre le bon déroulement des enquêtes en cours.
« J'ai des discussions avec mon collègue Dutil [NDLR : ministre de la Sécurité publique] et avec M. Lafrenière (NDLR: directeur de l'UPAC] pour les assurer que nous allons déployer toute la flexibilité requise pour que ces gens-là puissent travailler sans se soucier de ces tracasseries-là et qu'ils soient capables d'avoir le statut qu'lis désirent avoir », a déclaré mercredi la présidente du Conseil du Trésor, Michelle Courchesne. « Pourquoi? Parce que nous voulons avoir les bonnes personnes au bon endroit ».
Plus tôt dans la journée, une porte-parole de l'UPAC, Anne-Frédérick Laurence, avait confirmé à Radio-Canada qu'un certain nombre de membres de l'UAC n'ont pas postulé pour devenir membres de l'UPAC. Selon elle, 1000 personnes ont postulé pour les 19 postes d'enquêteurs disponibles, et 250 candidats ont été invités à passer le concours d'entrée.
Le concours de recrutement des enquêteurs auquel fait référence Mme Laurence s'explique par le changement de statut de l'UAC. Depuis le 6 septembre, cette unité autonome créée en février 2010 est devenue une équipe intégrée au sein de l'UPAC.
L'UPAC a été mise sur pied en février 2011 par le ministère de la Sécurité publique pour lutter contre le trafic d'influence, la corruption et la collusion dans les contrats publics.
Toujours selon les explications de Mme Laurence, les besoins de l'UAC étaient ponctuels, et pouvaient donc être comblés par des employés contractuels. Les besoins de l'UPAC, expliquait-elle, sont maintenant permanents. Les règles administratives du gouvernement exigent donc qu'ils soient occupés par des fonctionnaires. D'où la nécessité qu'ils réussissent les examens d'entrée pour la fonction publique.
Selon La Presse, qui a publié la nouvelle mercredi matin, les trois quarts des enquêteurs recrutés par le chef de l'UAC, Jacques Duchesneau, ont refusé de se soumettre à cette exigence ou ont tout simplement été refusés au concours d'entrée.
Il s'agit d'enquêteurs, d'analystes et d'agents du renseignement expérimentés dans la lutte contre le crime organisé ayant travaillé pour la Gendarmerie royale du Canada, la Sûreté du Québec ou le Service de police de la Ville de Montréal.
Le quotidien indique que les contrats de cinq d'entre eux viennent à échéance dans un mois. Les contrats de cinq autres se terminent en avril 2012. Une porte-parole de l'UPAC affirme qu'une période de transition est prévue.
Interrogé à ce sujet avant les commentaires de Mme Courchesne, le ministre des Transports, Pierre Moreau, s'est borné à dire que « l'organisation administrative de l'UPAC relève du ministère de la Sécurité publique ».
Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, n'est pas en mesure de commenter la nouvelle.
Le porte-parole du Parti québécois en matière de Transports, Stéphane Bergeron, se demandait mercredi avant-midi si le recours à un concours d'entrée constituait une « technicalité » mise de l'avant « pour empêcher que les choses puissent se faire correctement ».
« La question se pose : est-ce que le gouvernement a mis en place pour la galerie quelque chose d'impressionnant, mais qu'au fond, il n'avait pas vraiment l'intention de faire en sorte que cette structure soit véritablement opérationnelle? », demande le député Bergeron.