Les députés du Parti québécois (PQ), leur chef Pauline Marois en tête, ont montré une apparente unité au sortir de leur caucus, après des semaines de tumultes et de remise en question du leadership de Mme Marois.
La chef péquiste Pauline Marois en point de presse lors de la clôture du caucus de son parti à Saguenay
Mme Marois, qui autorisera ses députés à voter librement sur certains projets de loi, a demandé à ses collègues de faire preuve de cohérence, de discipline, de solidarité et de confiance afin d'assurer l'unité du parti.
Les députés péquistes pourront ainsi voter librement sur le projet de loi 204 - projet de loi concernant le dossier d'un éventuel amphithéâtre à Québec - de même que dans d'autres dossiers. Mais, ils devront tout de même se soumettre à la ligne de parti sur des sujets plus fondamentaux, comme le budget.
La chef du PQ a confié à la nouvelle présidente du caucus, Monique Richard, la tâche de piloter un comité qui sera chargé de baliser le vote libre.
Les nouvelles libertés des députés péquistes n'inquiètent pas Mme Marois, selon ses propres dires. S'en remettant à ses députés, elle refuse de préciser un seuil à partir duquel son leadership pourrait être considéré comme menacé.
Favorable à la tenue d'États généraux sur la souveraineté, Mme Marois soutient que le parti y participera. Elle précise que ce n'est pas au PQ de les organiser, pas plus que de les diriger, et que son parti y prendra part au même titre que les autres organismes intéressés par la question de l'indépendance du Québec.
Conformément aux résolutions du congrès du PQ du printemps dernier, Mme Marois garde le cap sur la « gouvernance souverainiste » pour atteindre la souveraineté du Québec. Même si cette approche a suscité beaucoup de critiques et a contribué à la démission récente de certains députés, Mme Marois maintient cette stratégie qui a obtenu une forte majorité lors du congrès.
Quant aux propositions du député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, notamment la tenue de référendums d'initiative populaire, elles devront être débattues à nouveau par les instances du parti.
Au-delà de ses problèmes internes, le caucus péquiste entend livrer bataille sur le front des ressources naturelles lors de la rentrée parlementaire. Le PQ prétend que le gouvernement libéral de Jean Charest cède les ressources naturelles à vil prix sans considération pour les générations futures.
Le PQ juge insuffisant le relèvement des redevances des minières de 12 % à 16 %, et il propose d'imposer une taxe de 30 % sur les « profits excédentaires » de ces entreprises en plus d'une redevance obligatoire.
Le PQ dans la tourmente
Les tiraillements au sein du parti plombent sa popularité. Il y a trois mois, le Parti québécois trônait en tête des sondages. Aujourd'hui, il arrive troisième derrière un éventuel parti politique dirigé par François Legault et derrière le Parti libéral, pourtant au pouvoir depuis huit ans.
Le député démissionnaire Jean-Martin Aussant songe en outre à créer un nouveau parti souverainiste. Il a déjà réservé le nom d'Option Québec auprès du Directeur général des élections.
Vers des états généraux
Le caucus du Parti québécois a aussi été l'occasion de discuter des états généraux sur le projet d'indépendance du Québec, dont l'organisation a été confiée par Mme Marois au Conseil de la souveraineté du Québec.
Cette initiative avait été réclamée par de nombreux militants, dont ceux du Nouveau mouvement pour le Québec (NMQ), qui a tenu sa première assemblée citoyenne le 21 août. Le groupe critique vivement la stratégie référendaire de Mme Marois.
La chef péquiste avait jusque-là entrepris de tenir une série d'assemblées citoyennes pour comprendre les craintes et les attentes des militants souverainistes. Lors de sa première assemblée à Trois-Rivières, le 23 août, elle a tenté de convaincre la population de la pertinence du projet de gouvernance souverainiste.
Une autre rencontre citoyenne doit avoir lieu jeudi soir à La Baie.