Québec qualifie d'inacceptable le comportement d'IQT

Siège d'IQT à Laval

La ministre du Travail du Québec, Lise Thériault, qualifie « d'inacceptable » le traitement réservé aux employés d'IQT Solutions de Trois-Rivières et de Laval qui ont perdu leur emploi vendredi.

En entrevue au Réseau de l'information (RDI) dimanche matin, Mme Thériault n'a pas mâché ses mots envers l'entreprise. « Je qualifie moi aussi d'inacceptable ce qui s'est passé. Je ne peux pas faire autrement que de penser aux travailleurs, aux membres de leurs familles. En plein été, perdre son emploi comme ça, d'une manière sauvage, je pense qu'il faut le dire », a-t-elle déclaré.

Ses propos font échos à ceux de la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, qui a eu des mots similaires samedi lors de la fête du lac des Nations à Sherbrooke. « Je trouve cela carrément inacceptable. On n'a pas l'habitude au Québec d'avoir une attitude comme celle qu'a eue cet employeur, qui est une attitude sauvage à mon point de vue », a-t-elle dit.

La ministre Thériault a également assuré que le gouvernement, par l'entremise de la Commission des normes du travail, enquêtera sur les salaires impayés.

« Il est évident qu'on va faire enquête et qu'on va suivre la situation de très près pour s'assurer que les travailleurs, on respecte leurs droits », assure la ministre.

Des employés disent ne pas avoir reçu leur paye des deux dernières semaines et ne savent pas s'ils recevront leur paye de vacances. La nouvelle de vendredi est venue sans préavis et l'entreprise n'a fourni aucun relevé d'emploi aux travailleurs, ce qui les empêche d'entamer les procédures pour bénéficier de l'assurance-emploi.

La ministre du Travail du Québec, Lise Thériault. La ministre du Travail du Québec, Lise Thériault.

« C'est leur argent, c'est leur salaire. C'est évident que la Commission des normes va faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider les personnes qui ont perdu leur emploi », affirme la ministre.

Lise Thériault ajoute qu'un comité sera mis en place pour aider les travailleurs.

Questionnée sur un possible renforcement des lois, tel que demandé par la chef du Parti québécois samedi, Mme Thériault a reconnu qu'une entente pour faire respecter les droits des travailleurs canadiens n'existait pas avec les États-Unis, contrairement à ce qui se fait entre les provinces canadiennes.

« Il n'y a pas d'entente qui existe avec les États[-Unis]. Il va falloir voir de ce côté-là ce que l'on peut faire », estime-t-elle, avant d'ajouter que les syndicats, qui traversent les frontières, auraient peut-être plus de chance dans leurs moyens de pression.

IQT Solutions a annoncé vendredi la fermeture de deux centres d'appel au Québec, ceux de Trois-Rivières et de Laval, ainsi que celui d'Oshawa en Ontario. Plus de 1200 employés perdent leur emploi.