Jean Charest
Le premier ministre Jean Charest a démenti vendredi les rumeurs selon lesquelles il serait tenté de convoquer des élections anticipées cet automne, pour profiter de la crise au Parti québécois.
M. Charest a rappelé que son gouvernement n'est qu'à la moitié de son mandat. Il a attribué la rumeur à Mme Marois, estimant que c'est une vieille stratégie du PQ de prétexter l'imminence d'élections pour forcer les récalcitrants du parti à entrer dans les rangs.
Il a d'ailleurs tourné en dérision la position du PQ, dont la chef aurait souhaité un recours au bâillon pour faire adopter le projet de loi privé 204, protégeant le contrat entre la Ville de Québec et Quebecor sur l'exploitation de l'amphithéâtre.
Le projet de loi 204 sera adopté en septembre
Sur le plan législatif, le premier ministre Charest s'est dit déçu du report de l'adoption du projet de loi 204. En faveur de la construction de l'amphithéâtre, pour lequel son gouvernement a annoncé un investissement de 200 millions de dollars, M. Charest a déploré que les députés indépendants aient saisi l'occasion - un dépôt tardif du projet de loi 204 obligeant l'unanimité de l'Assemblée pour obtenir son adoption - pour bloquer le projet de loi.
Le premier ministre a dit avoir l'appui de son caucus dans ce dossier. Il a maintenu que le projet de loi sera présenté en septembre et que la majorité simple, que lui assure sa majorité au Parlement, suffira à faire adopter le projet de loi à ce moment-là. M. Charest convient que la loi sur les cités et villes comporte une zone grise qui devra être clarifiée.
Le gouvernement tire un bilan positif de la session
Fort de la vigueur économique du Québec, le premier ministre Jean Charest a dressé un bilan positif de la session législative de l'Assemblée nationale qui a pris fin vendredi.
Le chef du Parti libéral du Québec a pris le crédit, au nom de son gouvernement, pour la performance économique de la province. M. Charest a souligné que le taux de chômage québécois, dévoilé vendredi, confirme le succès économique du Québec où la reprise est plus vigoureuse que dans le reste du Canada et aux États-Unis.
M. Charest a souligné les réalisations de son gouvernement en économie avec la création du fonds du Plan Nord et l'obtention du gouvernement fédéral de 100 % des redevances que produira le gisement Old Harry, si son exploitation se concrétise.
Le PQ dénonce un gouvernement « usé »
Les autres partis ont également fait le bilan de la session parlementaire, qui ne donne pas le beau rôle au gouvernement Charest.
Pauline Marois et son caucus
Malgré les difficultés des dernières semaines, la leader péquiste, Pauline Marois, a d'une part défendu son leadership et affirmé qu'il régnait au parti une « certaine sérénité ». S'en prenant d'autre part à un gouvernement libéral « usé à la corde », elle a déploré sa décision de ne pas déclencher de commission d'enquête sur l'industrie de la construction.
Elle a également critiqué sa gestion du dossier des procureurs de la Couronne et des juristes, forcés à retourner au travail par l'adoption d'une loi spéciale, et la libération récente de présumés motards criminels ainsi que le Plan Nord, qui « donne » selon elle cette vaste région aux entreprises.
Le gouvernement a été rattrapé par des crises, résume l'ADQ
Gérard Deltell a fait le bilan de la dernière session parlementaire.
Photo : Radio-Canada
Martelant les mêmes critiques, l'Action démocratique du Québec a affirmé au cours d'un point de presse que le gouvernement avait été rattrapé par de « nouvelles crises ont secoué le système de justice et la représentation électorale, des piliers de notre démocratie ». La formation a décrit la libération de 31 membres présumés des Hells Angels en raison de délais jugés déraisonables par un magistrat comme « un désaveu de la stratégie du gouvernement ».
« La plus grande déception de cette session aura assurément été la présentation du Plan Nord », a cependant commenté le chef du parti, Gérard Deltell.
Enfin, l'ADQ a dénoncé la gestion « partisane« » du dossier de la réforme de la carte électorale, plaidant à nouveau en faveur de l'instauration d'un mode de scrutin proportionnel.
Interrogé par un journaliste sur une éventuelle fusion entre l'ADQ et la Coalition pour l'avenir du Québec de François Legault, Gérard Deltell a par ailleurs semblé irrité. Il a répondu qu'il était fait « dans l'action, le mouvement, la concrétisation » alors que « les histoires de M. Legault étaient en gestation depuis neuf mois. »
Québec solidaire revient sur le Plan Nord et l'amphithéâtre de Québec
Amir Khadir fait le point sur sa session parlementaire.
Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a amorcé son allocution devant la presse en critiquant le Plan Nord, affimant qu'il ne servait « à rien de saccager notre territoire et de multiplier les projets d'exploitation des richesses naturelles s'il n'y pas de pas retombées pour les communautés ». Il a écorché le gouvernement au passage dans le dossier du gaz de schiste.
Premier député de l'Assemblée nationale à avoir exprimé son opposition au projet de loi 204, Amir Khadir a bien sûr soulevé la question de la gestion de l'amphithéâtre de Québec. Regrettant qu'un dossier de juridiction municipale ait eu autant d'attention, il s'est tout de même réjoui que le débat ait permis de « mettre en relief des éléments [reliés] à l'exercice du droit des parlementaires et à la règle de droit qui doit s'appliquer à tout le monde, à tous les maires, y compris le maire de Québec ».
En ce sens, a-t-il conclu, le débat illustre l'importance des règles dans la gestion des fonds publics, un dossier que sa formation défend depuis deux ans. Répondant aux questions des journalistes, il s'est défendu d'avoir fait dérailler le projet de loi, distinguant la construction de l'amphithéâtre de la gestion visée par le projet.
Il a en outre rappelé le rôle joué par l'ex-directeur général de la Ville de Québec, qui conteste en cour la validité de l'entente entre Québec et Quebecor Media, et fait valoir qu'il y avait une opposition au projet au sein de la population, du Parti québécois et même du gouvernement.