Gilles Duceppe croit à l'avenir du Bloc

L'ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe croit toujours à la pertinence de son parti malgré la cinglante défaite encaissée lors des dernières élections fédérales. M. Duceppe souligne que le Québec a encore une fois voté différemment du reste du Canada, ce qui prouve le caractère distinct de sa population.

Gilles Duceppe

Dans sa première apparition publique depuis la défaite électorale du 2 mai dernier, M. Duceppe a ainsi mis en relief que les Québécois avaient élu une majorité de députés du Nouveau Parti démocratique pour barrer la route aux Parti conservateur du Canada, contrairement au reste du pays qui a majoritairement voté pour la formation de Stephen Harper.

Fier des candidats du Bloc qui ont fait campagne à ses côtés au cours des dernières élections, M. Duceppe a momentanément retrouvé sa combativité pour décocher une flèche à l'endroit des députés du NPD. « Je suis fier de l'ensemble des candidats et candidates qui ont représenté le Bloc québécois lors de cette élection. Des gens responsables qui, eux, ont fait campagne pour vrai, et jusqu'au bout. »

« La démocratie a parlé et la vague a emporté avec elle bien du beau monde, a déclaré M. Duceppe. Ce n'est pas un vote gauche-droite, c'est un vote de changement. »

« Le Bloc était dans le paysage depuis longtemps et les gens ont voulu exprimer leur vote anti-Harper autrement. » — Gilles Duceppe

Une différence qui rend le Bloc pertinent

L'ancien chef a dressé un bilan positif du Bloc québécois à Ottawa, soulignant qu'aucun autre parti fédéral n'avait connu autant de succès au cours de six élections de suite. « Il y a une raison pour cela, estime M. Duceppe, c'est que le Québec est différent. »

« Rien n'a fondamentalement changé depuis six élections au Québec, on l'a vu, le Québec et le Canada ont voté différemment. Quant au Bloc, nous avons terminé deuxièmes [au Québec] avec 25 % des suffrages exprimés. Plus d'un million de Québécois ont voté pour nous. » C'est pourquoi M. Duceppe croit toujours à la pertinence du Bloc à Ottawa.

Sur le plan personnel, M. Duceppe a du mal à encaisser la dégelée. Parlant d'une voix éteinte, il semble encore sonné par le verdict de l'électorat québécois. « Les gens me disent : vous avez fait une bonne campagne, vous avez gagné le débat... C'est surprenant de gagner le débat aussi fortement et de plonger comme ça quelques jours après. Mais j'en prends la responsabilité. »

« C'est dur, c'est très dur sur le moral. Je ne le cache pas. Mais je me dis que quand je gagnais, ça devait être dur pour d'autres aussi. » — Gilles Duceppe

M. Duceppe entend demeurer un militant du Bloc québécois sans toutefois occuper de fonction officielle.

Paquette veut diriger, d'autres veulent réfléchir

Candidat bloquiste défait dans Joliette, l'ex-député Pierre Paquette a d'ores et déjà annoncé son intérêt à participer à une éventuelle course à la direction du Bloc québécois.

D'autres candidats défaits, comme Marc Lemay (Abitibi-Témiscamingue) et Michel Guimond (Montmorency-Charlevoix-Haute-Côte-Nord), pensent qu'il est beaucoup trop tôt pour l'élection d'un nouveau chef. « On pourrait avoir au moins la décence de laisser refroidir le cadavre », a notamment déclaré M. Guimond.

En marge du premier caucus postélectoral du parti, le député bloquiste défait Daniel Paillé a affirmé que le Bloc doit s'interroger sur son existence avant de se lancer dans une course à la direction.

Selon lui, le Bloc doit entreprendre un processus de réflexion compte tenu des résultats obtenus aux dernières élections.

De ses 47 députés à la dissolution de la Chambre des communes, le Bloc québécois n'en a conservés que 4 à l'issue des élections générales du 2 mai dernier.