Le premier ministre Jean Charest dévoile le Plan Nord
Le gouvernement québécois a finalement dévoilé, lundi après-midi au Centre des congrès de Lévis, les grandes lignes de son ambitieux programme de développement du Nord québécois, le Plan Nord, annoncé en grande pompe pour la première fois en septembre 2008.
Le Plan Nord se déploiera en cinq plans quinquennaux sur 25 ans. Il entraînera des investissements publics et privés de plus de 80 milliards de dollars, soit 47 milliards pour les énergies renouvelables et 33 milliards pour le développement des infrastructures publiques.
Selon Québec, le Plan Nord permettra de générer et de consolider pas moins de 20 000 emplois en moyenne par année, soit quelque 500 000 emplois sur 25 ans. De plus, il permettra d'engendrer des revenus de 14 milliards de dollars pour le gouvernement du Québec.
Le premier plan d'action quinquennal du Plan Nord s'étendra de cette année à 2016. Québec prévoit 2,1 milliards de dollars au cours de cette période en matière d'investissements. De cette somme, près de 1,2 milliard sera consacré au développement des infrastructures et 382 millions de dollars à des mesures sociales liées au logement, à la santé, à la réduction des coûts de transports et l'éducation.
En vertu du Plan Nord, 500 millions de dollars, gérés par Investissements Québec, seront octroyés au cours des cinq prochaines années pour des prises de participation des Québécois dans les projets du Plan Nord.
Le gouvernement du Québec a aussi annoncé la création par une loi de la Société du Plan Nord. Il s'agira d'un organisme public qui coordonnera la réalisation des investissements publics dans le domaine social et celui des infrastructures de transport.
Le territoire de la province de Québec qui sera couvert par le Plan Nord.
Secteur minier
Selon Québec, il y aura 11 nouveaux projets miniers (cuivre, nickel, fer, or et diamant) sur le territoire couvert par le Plan Nord au cours des cinq prochaines années. Les minières Xstrata, New Millennium Capital et ArcelorMittal, entre autres, participeront à ces projets.
Le Plan Nord prévoit plus de 8 milliards de dollars d'investissements de la part des entreprises minières au cours des prochaines années.
Les redevances minières associées au développement du Plan Nord devraient quant à elles être de 1,4 milliard de dollars sur cinq ans pour les projets qui ont déjà été annoncés.
Énergies renouvelables
En ce qui a trait aux énergies renouvelables, le Plan Nord prévoit 3500 MW additionnels, soit 3000 MW d'hydroélectricité, 300 MW d'éolien et 200 MW provenant d'autres sources renouvelables.
Formation de la main-d'oeuvre
Le Plan Nord présenté par le gouvernement Charest prévoit 80 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir les besoins en formation et en recrutement de main-d'oeuvre.
Québec a également annoncé la construction de 840 nouveaux logements au Nunavik sur une période de cinq ans, soit 340 en vertu d'une entente fédérale-provinciale et 500 dans la foulée du Plan Nord.
Protection du territoire
Avec son Plan Nord, Québec s'engage également à veiller à la protection de l'environnement. 50 % du territoire concerné par la Plan Nord sera consacré à des fins autres qu'industrielles, à la protection de l'environnement et à la sauvegarde de la biodiversité.
Le Plan Nord prévoit le prolongement de la route 167 vers les monts Otish (280 millions de dollars), la réfection de la route 389 entre Baie-Comeau et Fermont (438 millions de dollars) ainsi que le prolongement et de la route 138 entre Natashquan et Kegaska, puis à Blanc-Sablon.
Québec envisage également l'aménagement d'un lien terrestre entre Kuujjuaq et le reste du Québec.
Le gouvernement Charest entend aussi faire du Nord québécois une destination de tourisme durable de classe mondiale d'ici 10 ans.
Le premier ministre Jean Charest présente le Plan Nord
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PC/Jacques Boissinot
Jean Charest parle d'un « grand jour »
Lors d'un point de presse après le dévoilement du Plan Nord, le premier ministre Charest ne cachait pas son enthousiasme parlant d'une « des plus belles journées » de sa vie.
Rappelant que « rien de cela n'est possible seul », il a précisé que son gouvernement continue de « travailler avec les communautés » et qu'une négociation, « ça se fait à deux et ce n'est pas une voie à sens unique ».
Le premier ministre a souligné qu'il désire que le développement se fasse de façon ordonnée. Il a donné en exemple la Loi sur les mines qui prévoit « dès l'ouverture d'une mine » la création d'un fonds en prévision d'une éventuelle fermeture où « il faudra prendre des mesures de réparation justement pour remettre en état autant que possible les lieux ».