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Politique

 
Libéraux et péquistes croisent le fer autour du site souverainiste Vigile.net

Mise à jour le jeudi 24 mars 2011 à 16 h 50

Clavier

Photo: iStock Photo

Le gouvernement libéral a tenté de mettre l'opposition péquiste dans l'embarras, en associant la parution de déclarations à caractère antisémite sur le site Internet Vigile.net et le fait que trois députés péquistes ont contribué, à titre personnel, au financement du site.

Les trois députés visés sont Agnès Maltais, Bernard Drainville et Louise Beaudoin.

Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, et le député libéral Lawrence Bergman ont demandé aux députés péquistes de cesser de financer le site web. Le ministre Fournier a qualifié certains propos lus sur le site « d'outrageants ».

En conférence de presse, M. Fournier a cité quelques phrases hors contexte dont les auteurs sont simplement identifiés par leur nom : André Vincent, Robert Barberis-Gervais, Ivan Parent et Bernard Frappier, qui coordonne le site.

Posez-leur la question : est-ce que ça veut dire qu'ils soutiennent ça?

— Jean-Marc Fournier, leader parlementaire du gouvernement

Le gouvernement de Jean Charest a d'ailleurs tenté jeudi de faire adopter une motion pour dénoncer certains de ces textes. De son côté, le Parti québécois dénonce les propos haineux, mais refuse de condamner le site en question. Les péquistes ont donc rejeté la motion.

Vigile.net est un site de réflexion politique de tendance souverainiste qui diffuse les textes et les idées de divers auteurs sur une panoplie de sujets d'actualité. En 15 ans, le site a diffusé près de 40 000 textes.

De son côté, le leader parlementaire de l'opposition officielle, Stéphane Bédard, a dénoncé la tentative des libéraux « d'associer le nationalisme québécois à ça ». Il déplore le fait qu'en raison de quelques dérapages, M. Fournier ait choisi de « condamner au complet Vigile.net ».

M. Bédard a répliqué en défendant la liberté d'expression. Il s'est également positionné contre la censure.

Que le ministre de la Justice appelle à la censure, ça ne m'étonne pas. Il est ministre de la Justice tellement à temps partiel qu'il ne se rend pas compte de ce qu'il dit. Mais il est lui-même procureur général. Si des propos haineux ont été tenus à l'encontre du Code criminel, il a une responsabilité de s'assurer de l'application de la loi.

— Stéphane Bédard, leader parlementaire de l'opposition officielle

M. Bédard a soutenu que les trois députés visés s'étaient élevés « avec vigueur et sans aucune nuance contre tout propos antisémite, tout propos haineux ».

Par ailleurs, deux d'entre eux ont décidé de ne pas renouveler leur financement au site.

Contrairement à ce que prétend M. Fournier, les députés en cause ne se sont pas servis de leur enveloppe de Soutien à l'action bénévole pour financer Vigile.net, estime M. Bédard. Ils auraient agi à titre personnel.

Radio-Canada.ca avecPresse canadienne