Le projet de port méthanier Rabaska, sur la rive sud de Québec, n'est pas prêt de se réaliser. La ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a confirmé mercredi le recul du gouvernement vis-à-vis de tels projets.
La ministre des Ressources naturelles Nathalie Normandeau, en conférence de presse le 2 mars 2011.
La ministre ajoute qu'elle ne voit pas le jour où ces conditions seraient réunies. En 2006, Québec misait sur les terminaux méthaniers pour diversifier et sécuriser les approvisionnements en gaz naturel. Le gouvernement Charest justifie maintenant cette volte-face par la baisse du prix du gaz liquiéfié et l'émergence de nouveaux types d'énergie comme le gaz de schiste.
Mme Normandeau a toutefois refusé de dire si le gouvernement songe à donner une nouvelle vocation au secteur retenu pour le projet Rabaska, maintenant qu'il est à toutes fins pratiques relégué aux oubliettes.
Hydrocarbures
Par ailleurs, le projet de loi sur les hydrocarbures que le gouvernement Charest prévoyait déposer en juin pourrait être reporté.
D'abord promis pour l'automne 2010, puis le printemps 2011, la ministre évoque cette fois l'horizon de l'automne 2011.
Mme Normandeau affirme que le contenu du rapport du BAPE sur l'exploitation du gaz de schiste, déposé lundi, pourrait influencer la stratégie gouvernementale en matière d'hydrocarbures.
Le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le gaz de schiste n'a pas encore été rendu public. Et la ministre a admis ne pas l'avoir encore lu. Il reviendra au ministre Pierre Arcand de le rendre public « en temps opportun », a-t-elle déclaré.
Le PQ réagit
La stratégie du gouvernement Charest en matière énergétique ne va nulle part et devrait être réécrite d'un bout à l'autre, selon l'opposition péquiste.
Le député du Parti québécois Sylvain Gaudreault affirme que le gouvernement n'a pas atteint ses objectifs en matière de développement énergétique et a même renié ses engagements.
Cette sortie visait à faire le point sur la stratégie énergétique 2006-2015 du gouvernement.
M. Gaudreault est d'avis que le gouvernement a erré sur tous les plans en prenant depuis des décisions discutables : abolition de l'Agence de l'efficacité énergétique, développement erratique des énergies nouvelles dont l'éolienne, absence d'entente avec Ottawa dans le dossier Old Harry, abandon des projets de ports méthaniers, chaos dans l'exploration du gaz de schiste, exportation à tout prix de l'hydroélectricité et dégel du bloc patrimonial à partir de 2014 malgré un engagement contraire.
« C'est un échec lamentable à tous niveaux », a commenté M. Gaudreault. Il demande à la ministre Nathalie Normandeau de réécrire la stratégie « au grand complet ».
La priorité fixée par le gouvernement en 2006 consistait à se servir des ressources énergétiques comme d'un levier économique. Essentiellement, on voulait produire davantage d'électricité pour en exporter davantage et ainsi remplir les coffres de l'État. Or, selon M. Gaudreault, Québec a tort de « favoriser à tout prix l'exportation, malgré les baisses évidentes de bénéfices ».
Le gouvernement a trahi sa propre stratégie énergétique, en faisant privilégier les intérêts privés plutôt que l'intérêt public, selon lui, « que ce soit dans le secteur éolien ou dans le domaine des hydrocarbures avec la cession des droits à l'île d'Anticosti par Hydro-Québec .