Retour au travail difficile pour les procureurs et les juristes

Les procureurs aux poursuites criminelles et pénales du Québec ainsi que les juristes de l'État ont posé un geste symbolique à l'ouverture de cette session parlementaire à Québec mercredi. Ils ont déposé une couronne mortuaire devant l'Assemblée nationale pour signifier que la justice est en deuil, au lendemain d'une loi spéciale qui a forcé leur retour au travail.

Me Christian Leblanc, président de l'Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales Me Christian Leblanc, président de l'Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales (archives)

Ils sont retournés au travail bien malgré eux, après deux semaines de grève. Même si le moral n'était pas au rendez-vous, le président de l'Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales (APPCP), Christian Leblanc, assure que les procureurs feront tout en leur pouvoir pour rattraper le temps perdu.

M. Leblanc dit cependant ignorer comment les procureurs vont y arriver, puisqu'ils devaient déjà composer avec une surcharge de travail avant le déclenchement de la grève.

« Le gouvernement était uniquement pressé d'imposer la loi avant le discours inaugural (de mercredi). Je le sais et le public est aussi au courant. C'était pour des raisons strictement politiques et partisanes, ce n'est pas compliqué.
 » — Christian Leblanc


Les conditions de travail des 1500 procureurs et juristes sont déterminées jusqu'en 2015 en vertu de la nouvelle loi, qui comprend une hausse salariale de 6 % en cinq ans, alors que les procureurs réclamaient un rattrapage salarial de 40 % pour rejoindre la moyenne canadienne.

M. Leblanc affirme que les procureurs vont dorénavant réclamer le paiement de leurs heures supplémentaires.

Il a confié que si le recours à la Loi sur les normes du travail est nécessaire, les procureurs n'hésiteront pas à le faire. « C'est fini le bénévolat. S'il faut utiliser la loi pour forcer le gouvernement à se comporter légalement, nous allons le faire », a-t-il martelé.

De son côté, le président de l'Association des juristes de l'État, Marc Lajoie, a lui aussi admis que le retour au travail a été difficile, dans les circonstances.

Christian Leblanc a lui aussi évoqué le bris d'un lien de confiance. « Les procureurs-chefs les procureurs-chefs adjoints qui ont démissionné, mais qui ont reçu l'ordre de rester en poste vont continuer à faire leur travail. Mais la population, le gouvernement et M. Dionne doivent prendre conscience que le lien de confiance est maintenant rompu », a dit M. Leblanc.

Malgré les appels lancés par le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, mardi, le président de l'APPCP ne croit pas à une reprise des pourparlers. Il estime que le gouvernement est déjà au courant des solutions pour régler ce dossier.