Rehausser la qualité de l'éducation doit être la priorité des Québécois pour les années à venir, soutient l'ex-ministre François Legault dans un manifeste intitulé « Coalition pour l'avenir du Québec », et dont des extraits sont publiés vendredi par des médias montréalais.
François Legault, à l'Assemblée nationale (archives)
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PC/Jacques Boissinot
Le document, attendu depuis plusieurs mois déjà, préconise de contrer le « déclin tranquille du Québec » grâce à une vision dite nationaliste, et de nouvelles approches décentralisatrices en matière d'éducation et de santé.
Selon le Journal de Montréal, qui en publie de nombreux extraits, le document complet de 8 pages sera rendu public lundi, à 10 h, à Québec. Un site web sera aussi lancé pour l'occasion.
« Une éducation de qualité est non seulement un puissant outil d'épanouissement individuel, mais c'est également un gage et une condition de succès collectif dans un monde d'interdépendance », peut-on lire dans les extraits obtenus par le quotidien, dont les 253 employés sont en lock-out depuis plus de deux ans.
Les salaires des enseignants, poursuit le manifeste, « ne sont pas à la hauteur de l'importance de leurs responsabilités, ce qui ne peut que nuire à leur motivation et au recrutement des meilleurs candidats ».
Le document de l'ex-ministre propose « un rajustement salarial » qui, selon le quotidien La Presse, serait de l'ordre de 20 % à 30 %. La hausse serait financée par des hausses des tarifs d'électricité et des compressions dans le budget des commissions scolaires.
Cette approche vient avec son corollaire : les enseignants, ajoute le document de François Legault, « doivent être davantage responsables de la réussite des jeunes et être évalués ». Il en va d'ailleurs de même pour les directions d'école.
L'État, dit-il, doit conclure un nouveau pacte avec les enseignants, et se contenter de fixer des objectifs généraux.
Décentralisation en santé
Le manifeste de François Legault propose également de conclure un nouveau pacte avec les médecins, afin de modifier le fonctionnement du réseau de la santé. Cela repose notamment, avance-t-il, sur une « plus grande imputabilité des acteurs locaux ».
« Les dirigeants d'établissement doivent avoir plus d'autonomie et le pouvoir de conclure des ententes individuelles avec les médecins. De façon générale, les revenus des établissements doivent être assurés sur la base des services fournis et non de budgets préétablis », propose l'ex-ministre.
Les autorités centrales, répète-t-il, doivent « se désengager de la production des soins et de la microgestion. Elles doivent se concentrer sur l'élaboration d'indicateurs de performance. »
M. Legault renvoie dos à dos fédéralistes et souverainistes. Le statut constitutionnel d'un État, plaide-t-il, n'est pas le seul déterminant de son avenir. « L'apparent cul-de-sac de la question nationale, écrit-il, ne peut pas nous empêcher d'offrir à ceux qui nous suivront un Québec dynamique et prospère ».
Selon La Presse, François Legault voudrait aussi augmenter le nombre de patients par omnipraticien, comme le souhaite le président de la Fédération des médecins spécialistes, Gaétan Barrette, plutôt que d'augmenter simplement le nombre d'omnipraticiens.
Sans surprise, M. Legault préconise d'assainir les finances du Québec en adoptant « un plan crédible de réduction de notre endettement public », mais se fait avare de détails.
Il se montre aussi ferme en matière de défense de la langue française, décrite comme « la pierre d'assise sur laquelle se bâtit notre identité commune ».
Selon La Presse, il voudrait, à l'instar du Parti québécois, recourir à la clause dérogatoire pour interdire les écoles passerelles. Il refuserait cependant d'étendre la loi 101 aux cégeps, comme le proposent certains militants du PQ.