Des nominations d'ex-adéquistes font réagir l'opposition

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
James Moore Le ministre du Patrimoine canadien James Moore, le 7 janvier 2011   © Adrian Wyld

Le Nouveau Parti démocratique a accusé lundi le gouvernement Harper de « favoritisme » en ce qui a trait à la nomination de Tom Pentefountas, avocat criminaliste et ancien président de l'Action démocratique du Québec (ADQ), à un poste de vice-président au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Selon le parti d'opposition, « la nomination partisane de Tom Pentefountas en tant que vice-président du CRTC est un nouvel exemple flagrant et effronté d'une longue ligne de nominations obtenues grâce au favoritisme conservateur ».

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a quant à lui qualifié la nomination de M. Pentefountas de « bizarre » et de « totalement idéologique », ajoutant que l'avocat montréalais « n'a aucune compétence pour être là ».

Le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a défendu la nomination de M. Pentefountas, qui amènera selon lui un regard « neuf » et « bilingue ». « Il n'est pas en conflit d'intérêts. Il n'est marié à aucun des gros joueurs de l'industrie », a-t-il fait valoir.

Des relations influentes

M. Pentefountas a plusieurs contacts politiques, mais aucune expérience dans le milieu des communications. Sous la bannière de l'ADQ, il a été défait deux fois aux élections provinciales, en 2004 et en 2008.

Interviewé par un journaliste du quotidien The Globe and Mail, un porte-parole du ministre Moore n'a pas nié qu'une relation d'amitié lie Tom Pentefountas et Dimitri Soudas, le directeur des communications du premier ministre Stephen Harper. M. Pentefountas est également proche du controversé sénateur conservateur Léo Housakos. Tous les trois sont issus des rangs adéquistes.

M. Pentefountas est avocat criminaliste depuis 1996 et membre actif de la Chambre de commerce hellénique de Montréal. Sa feuille de route, dressée par le ministère du Patrimoine canadien, ne fait état d'aucune expérience dans le milieu de la radio et de la télévision.

Pourtant, les compétences recherchées pour le poste de vice-président à la radiodiffusion incluent « une connaissance du milieu de la règlementation dans lequel fonctionnent les industries de radiodiffusion et de télécommunications au Canada et à l'étranger » ainsi qu'une « connaissance des grandes questions liées à la convergence des médias », ce que n'a pas manqué de rappeler le NPD par voie de communiqué.

Un ex-adéquiste à Radio-Canada

Thomas Mulcair Le député Thomas Mulcair

Au moment même où le porte-parole du NPD en matière de patrimoine, Charlie Angus, profitait de la période des questions aux Communes pour accuser le gouvernement de vouloir saper la crédibilité du CRTC avec des nominations partisanes, le ministère du Patrimoine canadien annonçait par voie de communiqué la nomination d'un autre adéquiste, l'ancien député Pierre Gingras, au conseil d'administration de la Société Radio-Canada.

Le chef adjoint du NPD, Thomas Mulcair, n'a pas manqué de critiquer le choix de M. Gingras. « Son manque d'expérience et d'expertise en matière de radiodiffusion est flagrant. Ce n'est pas vrai que le seul critère pour ce genre de nomination doit d'avoir été candidat défait de l'ADQ », a-t-il ironisé.

M. Gingras, 58 ans, a été maire de Blainville, au nord de Montréal, avant de représenter la région à l'Assemblée nationale du Québec de 2007 à 2008. Imprimeur de profession, il a été commissaire scolaire et membre du conseil d'administration de plusieurs organismes, dont l'Organisation mondiale de la famille.