Charest grossit son cabinet

Jean Charest procède à un remaniement mineur. Jean Charest procède à un remaniement mineur.   © PC/Jacques Boissinot

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a procédé jeudi à un remaniement mineur de son gouvernement, qui compte dorénavant 26 ministres plutôt que 23 à ses côtés. Un nouveau venu se joint au Conseil des ministres, et trois ministres changent de portefeuille.

Le gouvernement compte en outre une nouvelle whip.

Pierre Corbeil, le député d'Abitibi-Est, devient ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation. Il conserve ses responsabilités de ministre responsable des régions de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec.

Le député de Jacques-Cartier, Geoffrey Kelly, devient ministre responsable des Affaires autochtones.

Pierre Moreau, le député de Châteauguay, devient ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne. Il sera également responsable de la Réforme des institutions démocratiques et de l'Accès à l'information.

Alain Paquet fait son entrée au gouvernement

Le député de Laval-des-Rapides, Alain Paquet, fait son entrée au Conseil des ministres en devenant ministre délégué aux Finances. Il aura la responsabilité des institutions financières.

Le nouveau ministre délégué des Finances, Alain Paquet, en compagnie de l'administratrice en chef France Thibault. Le nouveau ministre délégué des Finances, Alain Paquet, en compagnie de l'administratrice en chef France Thibault.   © PC/Jacques Boissinot

Lucie Charlebois, députée de Soulanges, est nommée whip en chef du gouvernement. Enfin, Raymond Bernier agira comme whip adjoint du gouvernement.

Lors du point de presse ayant suivi ces nominations, Jean Charest a évoqué le désir d'injecter du « sang neuf » dans con gouvernement tout en formant « une équipe qui va rester résolument axée sur l'économie ». « On sort de la crise. Le Québec connaît une performance exceptionnelle, mais en même temps, la reprise est fragile partout dans le monde », a-t-il dit.

Avec ces modifications, le gouvernement n'a plus la parité hommes-femmes. Jean Charest a par ailleurs maintenu les mêmes ministres aux postes clés.

L'annonce de la composante de la nouvelle équipe ministérielle a été faite après que M. Charest eut rencontré le lieutenant-gouverneur, vers 9 h 30.

Le dernier remaniement du gouvernement Charest remonte à août 2010. M. Charest avait alors modifié les responsabilités de plusieurs ministres, mais un seul nouveau venu, Jean-Marc Fournier, s'était joint au Conseil des ministres.

Après le décès du ministre des Affaires intergouvernementales et de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Claude Béchard, le premier ministre a dû distribuer ses responsabilités parmi les autres membres de son cabinet.

L'ADQ et le PQ critiquent la taille du gouvernement

La députée péquiste de Taschereau, Agnès Maltais (archives) La députée péquiste de Taschereau, Agnès Maltais (archives)

La députée du Parti québécois (PQ) Agnès Maltais a utilisé une métaphore pour illustrer son désaccord avec le remaniement à l'Assemblée nationale.

« [C'est] les deux mains dans le plat de bonbons, carrément! » a-t-elle dit aux journalistes pour parodier le slogan des libéraux des « deux mains sur le volant ». « Les bonbons sont payés par les contribuables. On distribue des bonbons en fin de régime. »

« Des députés qu'on sait depuis longtemps inquiets ou impatients se font offrir une limousine à la fin, mais c'est correct : c'est les contribuables qui payent », a-t-elle conclu, ironique.

« On grossit le problème, on ne s'attaque pas au coeur du problème », a de son côté commenté le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Gérald Deltell. Et le « coeur du problème », soutient-il, est une commission d'enquête publique sur la construction, réclamée par 85 % de la population.

M. Deltell juge en outre contradictoire le message de Jean Charest. « Il prêche l'austérité, il demande à ses fonctionnaires de réduire toutes les dépenses, et du même coup il augmente de trois le nombre de ses ministres! » s'est-il exclamé. « C'est "faites ce que je dis, pas ce que je fais." »

Gérard Deltell croit que s'il gérait vraiment le Québec en fonction de l'intérêt national, le premier ministre Charest n'aurait pas grossi son Cabinet.

S'il déplore que le poids des régions diminue avec la nomination de ministres originaires de la ville, Gérard Deltell se dit néanmoins très heureux de la venue de M. Paquet, qu'il avait déjà jugé compétent pour le Conseil des ministres.