« Nous, on est ailleurs », dit Jean Charest

Le premier ministre du Québec, Jean Charest Le premier ministre du Québec, Jean Charest

Deux jours après la publication du rapport de la commission Bastarache, le premier ministre du Québec compte ramener le débat politique sur le terrain de l'économie.

« Nous, on est ailleurs et on regarde en avant », a répondu Jean Charest lorsque des journalistes présents au caucus de son parti l'ont interrogé sur les retombées de la Commission d'enquête sur le processus de nomination des juges.

Les journalistes souhaitaient le faire réagir à des sondages publiés vendredi, qui concluent que les Québécois croient davantage Marc Bellemare que Jean Charest, peu importent les conclusions de la commission.

Le premier ministre a déclaré qu'il ne commentait pas les sondages et a répété que son gouvernement allait se pencher sur les recommandations du commissaire Bastarache visant à améliorer le processus de sélection et de nomination des magistrats.

M. Charest n'a pas voulu se prononcer davantage lorsqu'il a été interrogé sur la possibilité que la poursuite civile qui l'oppose à l'ancien ministre Marc Bellemare apporte un nouvel éclairage dans cette affaire. « Ça procédera dans l'ordre », s'est-il borné à dire.

Cap sur l'économie

Le premier ministre du Québec s'est montré beaucoup plus loquace sur les questions économiques. La performance du Québec dans cette période difficile sur le plan économique, a-t-il dit, est « l'une des meilleures au monde ».

Jean Charest a affirmé qu'il s'est créé 100 000 emplois au Québec l'an dernier. Il s'est félicité du fait que, depuis son arrivée au pouvoir, en 2003, le taux de chômage de la province a baissé de 9,3 % à 7,6 %.

Il soutient que la reprise économique offre des « occasions exceptionnelles » pour le Québec. Il note cependant que la reprise est « anémique » aux États-Unis, ce qui nuit aux exportateurs.

La parité entre les devises américaines et canadiennes complique aussi la situation des exportateurs, a-t-il dit.

Jean Charest a annoncé qu'il rencontrerait les partenaires économiques du gouvernement du Québec à son retour du Forum mondial de Davos, où il compte « prendre le pouls de ce qui se passe sur le plan économique mondial ».

Nouveau discours sur le gaz de schiste

Dans le dossier du gaz de schiste, le premier ministre a repris le message livré plus tôt par son ministre de l'Environnement, Pierre Arcand.

« Il y aura de l'exploration et de l'exploitation du gaz de schiste à la condition que ça puisse être fait correctement. Sinon, il n'y en aura pas », a dit Jean Charest.

Le premier ministre affirme qu'il tiendra compte du rapport du Bureau d'audience publique sur l'environnement (BAPE) dans ce dossier. Il refuse toutefois de s'avancer sur la possibilité que le gouvernement décrète un moratoire si le BAPE le recommande.

L'économie avec Gérald Fillion

Classe économique avec Jean-Sébastien Bernachez

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