Le Parti québécois a réclamé mercredi une intervention du gouvernement libéral de Jean Charest pour sauver le secteur du raffinage au Québec.
L'opposition officielle à l'Assemblée nationale est insatisfaite du plan d'approvisionnement qui a été déposé par Shell lors de la Commission parlementaire sur l'approvisionnement énergétique.
Ce plan confidentiel doit garantir le maintien de l'approvisionnement en pétrole, malgré la fermeture l'automne dernier de la raffinerie de Montréal-Est. Jusqu'à l'an dernier, Shell raffinait plus du quart du pétrole consommé au Québec.
La députée péquiste de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger, a fait part de son inquiétude, non seulement pour l'avenir des centaines de travailleurs licenciés chez Shell, mais aussi pour celui du Québec en matière d'indépendance énergétique.
L'entreprise ne peut pas démanteler son usine sans obtenir un permis du ministère des Ressources naturelles. Toutefois, la députée du Parti québécois estime qu'une telle autorisation ouvrirait toute grande la porte à un éventuel départ de Suncor de sa raffinerie de Montréal où travaillent toujours 450 personnes.
Le président de la commission parlementaire qui étudie la question, le libéral Pierre Paradis, ne veut pas précipiter les choses. Il promet que la Commission ne livrera pas ses conclusions avant d'avoir entendu « une autre partie importante », soit Suncor.
Un porte-parole de cette entreprise, Michael Southern, s'est voulu rassurant en déclarant que leur raffinerie de Montréal est un important actif pour l'entreprise, même s'il refuse de « spéculer sur l'avenir ».
Des experts affirment que l'avenir du secteur du raffinage au Québec est loin d'être rassurant. Ils soulignent qu'au cours des dernières années, l'activité en Occident a diminué, au profit de l'Asie.
Avec un reportage de Geneviève Chacon