Pauline Marois (archives)
La chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, promet de faire le ménage du milieu politique québécois si son parti est porté au pouvoir. La chef de l'opposition a énoncé, mardi, 16 propositions qu'elle mettrait de l'avant pour assainir les moeurs politiques, dont une limitation à deux mandats pour les futurs premiers ministres.
Ainsi, un premier ministre ne pourrait plus solliciter davantage que deux mandats ou demeurer au pouvoir plus de 10 ans. Cette mesure assurerait le renouvellement de la classe politique, explique Mme Marois. Dans le même ordre d'idées, elle limiterait le mandat des maires à trois ou à 12 ans.
Mme Marois répète qu'elle déclencherait une commission d'enquête publique pour faire la lumière sur les pratiques de collusion dans l'industrie de la construction, sur l'octroi de contrats publics, des permis et des subventions, le tout en lien avec le financement des partis politiques. De plus, elle promet de confier la composition et l'énoncé du mandat de la commission à un procureur indépendant.
Porté au pouvoir, un gouvernement Marois s'empresserait de consulter le vérificateur général pour s'assurer de recourir aux meilleures pratiques de gestion des contrats gouvernementaux afin de respecter les normes les plus exigeantes en cette matière. Mme Marois resserrerait la surveillance du gouvernement sur la société d'État Hydro-Québec en la soumettant à la loupe du vérificateur général.
Mme Marois espère ainsi rebâtir la confiance des Québécois envers la classe politique et les institutions démocratiques de la province.
Libéraux et adéquistes ne voient pas l'intérêt de limiter les mandats
Le Parti libéral et l'Action démocratique du Québec se disent contre l'idée de limiter les mandats du premier ministre à deux et ceux de certains maires à trois. Les libéraux qualifient cette proposition d'« irrespectueuse ».
Les deux partis se demandent pourquoi il faudrait imposer une limite, considérant que le premier ministre ou le maire qui serait soumis à cette règle pourrait être apprécié ou estimé compétent par la population.
Les libéraux et l'ADQ citent tous les deux l'exemple des États-Unis - où un président ne peut se représenter après deux mandats - pour démonter la suggestion péquiste. Selon eux, cette proposition, si elle était appliquée, aurait pour effet d'affaiblir le premier ministre à la fin de son deuxième mandat, ce qu'ils considèrent comme un problème structurel dans le système présidentiel américain.
Pierre Moreau, député libéral et whip du gouvernement
« On peut se demander si Mme Marois, à l'égard de la limite de deux mandats, ne plaide pas là ce qui semble une habitude au Parti québécois, puisque depuis René Lévesque, rappelons-le, le Parti québécois n'a jamais réussi à faire élire un premier ministre pour un deuxième mandat », lance aussi Pierre Moreau.
Sur l'aspect précis de la limitation des mandats des maires, le député de Châteauguay se demande pourquoi la limite des trois mandats devrait s'appliquer seulement aux maires des villes de plus de 5000 habitants. Cela équivaut, selon lui, à créer deux classes de citoyens, alors qu'« au Québec on a droit à un régime démocratique qui est égal pour tous ».
Il n'est pas problématique, de l'avis de M. Moreau, qu'un maire reste au pouvoir pendant une quinzaine d'années, à condition que son mandat se termine après quatre ans et qu'il doive en solliciter un nouveau auprès de la population au bout de ces quatre années.
Quant aux autres propositions présentées par le PQ mardi, le whip libéral croit qu'elles ne sont pas nouvelles. « La plupart de ces propositions-là sont soit déjà des mesures qui existent [...] ou encore, elles ont fait l'objet de projets de loi qui ont été discutés à l'Assemblée nationale ».