Marois estime que les résultats parlent en faveur de son leadership

  |  Radio-Canada avec La Presse
Pauline Marois Pauline Marois

Pauline Marois se réjouit du récent sondage Crop/La Presse selon lequel son parti formerait un gouvernement majoritaire si des élections étaient déclenchées.

La chef du PQ ne prend pas ombrage de cette donnée du même sondage qui indique que son parti obtiendrait 49 % d'appui dans les urnes avec Gilles Duceppe à sa tête.

Elle estime que l'évolution de son parti depuis qu'elle le dirige, après sa déroute sous André Boisclair, parle en sa faveur.

« La façon dont je dirige le Parti québécois a permis de retrouver la voie de la victoire puisque dans les faits, nous étions la deuxième opposition », rappelle Mme Marois. « Je veux qu'on m'évalue en fonction des résultats. Les résultats, jusqu'à maintenant, sont positifs, et nous permettraient de remporter la prochaine élection », souligne-t-elle.

Elle ne croit pas, par ailleurs, que l'élection partielle dans Kamouraska-Témiscouata, une circonscription qui échappe au PQ depuis 25 ans, doive être vue comme un test pour son parti. Elle estime cependant, cette fois, une victoire possible, un autre sondage récemment paru dans La Presse montrant péquistes et libéraux nez à nez.

« C'est sûr qu'on aimerait que les électeurs de Kamouraska-Témiscouata envoient un message clair au gouvernement, mais je ne le prendrai pas comme un test, soyez sûr de cela », insiste-elle cependant.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a pour sa part réitéré son appui à Pauline Marois.

Gilles Duceppe Gilles Duceppe

« Pauline Marois est là, et Pauline Marois deviendra première ministre, la première de l'histoire du Québec. Et moi, je travaille très fort pour remporter une septième victoire. Dès ce moment-là, tout devient possible. Et l'objectif ultime et du Bloc et du Parti québécois, c'est de faire du Québec un pays. Ça, on y travaillera conjointement, tous les deux ensemble », a-t-il dit en réaction au sondage, alors qu'il assistait au match de la Coupe Vanier à Québec.

Pour Gilles Duceppe, il faut surtout retenir que le Parti québécois, avec Pauline Marois, devance les libéraux.

Balayage péquiste

Le sondage CROP/La Presse dévoilée samedi révèle que si des élections provinciales avaient lieu aujourd'hui au Québec, le Parti québécois l'emporterait facilement sur son adversaire libéral.

Mais si Gilles Duceppe était le chef des troupes péquistes, il raflerait une majorité écrasante de votes.

Avec Pauline Marois à la tête du parti, le PQ récolterait 38 % des intentions de vote contre 23 % pour le PLQ, 15 % pour l'ADQ et 12 % pour Québec solidaire. Ces résultats permettraient au PQ de récolter environ 80 sièges sur 125 à l'Assemblée nationale et de former un gouvernement majoritaire.

Ces résultats augmenteraient de quelques points si Pauline Marois cédait sa place à Pierre Curzi ou Bernard Drainville à la tête du parti.

Toutefois, lorsque l'on soumet aux répondants l'hypothèse d'un Gilles Duceppe à la barre, ce sont pas moins de 49 % des gens qui se disent prêts à voter pour le Parti Québécois. Ce sont 11 points de pourcentage de plus que le score obtenu par Pauline Marois.

Tableau du sondage

Par ailleurs, le PQ domine largement chez les francophones avec 45 % des intentions de vote contre 17 % pour le PLQ et 16 % pour l'ADQ.

Impopularité des chefs

Les chefs actuels n'ont pas la cote. Si 59 % des gens estiment que Pauline Marois devrait quitter la scène, un écrasant 77 % demande le départ de Jean Charest.

Mais ces chiffres ne représentent pas l'opinion à l'intérieur des troupes, puisque 72 % des péquistes déclarés appuient leur chef et 75 % des libéraux déclarés soutiennent M. Charest.

Tableau du sondage

À noter que la cote d'amour du Parti libéral ne serait pas vraiment plus forte si Jean Charest était remplacé par un autre chef. Nathalie Normandeau permettrait au PLQ d'aller récolter 28 % des intentions de vote, mais Raymond Bachand mènerait les troupes vers une déroute encore plus grande avec seulement 21 % des voies.

Le taux de satisfaction envers le gouvernement s'établit à 16 %, ce qui constitue le plus bas niveau jamais observé par CROP. Seulement 13 % des gens estime que Jean Charest est le meilleur des chefs pour occuper le poste de premier ministre, mais Pauline Marois fait à peine mieux avec 20 %. Pas moins de 34 % des personnes interrogées répondent qu'aucun chef actuel ne gagnerait leur faveur. En additionnant les indécis (20 %), ce sont pas moins de 54 % des électeurs qui ne voient aucun chef à la hauteur de leurs attentes dans le paysage politique actuel.

Pas de référendum

Les électeurs se disent prêts pour l'alternance en redonnant le pouvoir au Parti Québécois, mais ils ne veulent pas entendre parler de référendum.

Même si Gilles Duceppe dirigeait le parti, pas moins de 63 % des répondants se disent « peu ou pas du tout intéressés » par la tenue d'une consultation sur la souveraineté du Québec. Chez les péquistes avoués, l'opinion inverse domine alors que 85 % d'entre eux veulent un référendum.

Québec adéquiste

Dans la région de Québec, l'ADQ domine le palmarès des intentions de vote avec la faveur de 36 % des répondants, contre 25 % pour le PQ et 15 % pour le PLQ. C'est dans cette région que le parti de Gérard Deltell peut espérer gagner le plus de sièges. Il faut noter une progression des appuis adéquistes au cours des dernières semaines.

Le sondage a été réalisé du 17 au 22 novembre auprès de 1000 répondants. Les résultats ont été pondérés en fonction de plusieurs critères socioculturels. La Presse n'a pas publié de marge d'erreur.