Motion de censure rejetée à Québec

Vote sur une motion de censure à l'Assemblée nationale, à Québec   © PC/Mathieu Bélanger/Pool

La motion de censure déposée par le Parti québécois contre le gouvernement de Jean Charest a été rejetée mercredi par une majorité de députés à l'Assemblée nationale.

Au total, 61 députés ont voté contre cette motion, tandis que 57 l'ont appuyée. Il n'y a eu aucune abstention. Si elle avait été adoptée, ce qui était hautement improbable en situation de gouvernement majoritaire, la motion aurait provoqué la chute des libéraux et le déclenchement d'élections générales.

Notons que le député Tony Tomassi, expulsé plus tôt cette année du caucus libéral, était absent au moment du vote. La ministre Monique Gagnon-Tremblay, à Paris en tant que représentante du premier ministre Charest pour un voyage officiel, n'était pas présente.

Par contre, le député libéral Pierre Paradis, dont les relations avec Jean Charest n'ont pas toujours été au beau fixe, était présent et a appuyé le gouvernement.

Le dépôt de cette motion de censure a donné lieu à des débats houleux, toute la journée.

Motion de censure du Parti québécois

En conférence de presse, après le vote, la chef de l'opposition officielle péquiste, Pauline Marois, a affirmé que son parti allait tout de même continuer de demander des comptes au gouvernement, soulignant toutefois qu'elle ne pouvait pas faire plus que ce que le cadre de l'institution parlementaire lui permettait de faire.

En référence au refus du premier ministre d'instaurer une commission d'enquête sur le milieu de la construction, Mme Marois a qualifié le premier ministre de « partisan déconnecté de la réalité ».

« M. Charest doit réaliser qu'il a quand même perdu. Il a perdu un peu plus de sa crédibilité, perdu encore davantage de sa force », a estimé pour sa part le député de Québec solidaire, Amir Khadir.

L'opposition se tourne maintenant vers les citoyens de Kamouraska-Témiscouata

La lutte s'annonce serrée pour l'élection partielle dans la circonscription de Kamouraska-Témiscouata, dans le Bas-Saint-Laurent, lundi. Selon un sondage CROP sur les intentions de vote, publié mardi, la candidate libérale détient une avance de seulement deux points sur son adversaire péquiste, à l'intérieur de la marge d'erreur.

Interrogée sur le fait que son parti n'arrive pas à se dégager une avance dans les intentions de vote, compte tenu de la grogne de la population dont elle se dit la porte-parole, Pauline Marois a défendu qu'elle n'avait pas à « être déçue ou non des choix que vont faire les gens de Kamouraska ».

La chef péquiste leur demande cependant « de réaliser un des souhaits que manifeste la population du Québec ».

« On aimerait ça, dans le fond, être à la place des gens de Kamouraska-Témiscouata. Je pense qu'il y a beaucoup de citoyens du Québec qui se disent : je pourrais envoyer un message au gouvernement de M. Charest. » — Pauline Marois

Amir Khadir a quant à lui lancé un appel aux citoyens de Kamouraska-Témiscouata qui ont l'intention de s'abstenir de voter lors de l'élection de lundi. « Il y a une opportunité. Vous n'avez pas le droit de ne pas voter », a exhorté le député de Mercier.

Intentions de vote dans Kamouraska-Témiscouata, mardiFrance Dionne, candidate libérale : 34 %
André Simard, candidat péquiste : 32 %
Gérald Beaulieu, candidat de l'ADQ : 25 %
Serge Proulx , candidat de Québec solidaire : 6 %


Méthodologie : Sondage réalisé auprès de 400 répondants, entre le 18 et le 20 novembre, marge d'erreur de 4,9 %.

Source : CROP