Exclusif - David Grégoire, candidat défait du Parti libéral du Québec dans le comté de Masson à l'élection générale de décembre 2008, a fait des aveux à Radio-Canada. Il reconnait avoir reçu par deux fois de l'argent comptant pour financer sa campagne électorale.
M. Grégoire avait été recruté par un organisateur libéral de Lanaudière, George Boudreault, salué la semaine dernière par le premier ministre Jean Charest comme un bénévole exemplaire. George Boudreault affirme que c'est le maire de Mascouche qui lui a suggéré ce candidat.
Le 28 novembre 2008, c'est noté à son agenda, David Grégoire rencontre le directeur général de la Ville de Mascouche, Luc Tremblay, qui le convoque à ses bureaux.
Luigi Salvatore
Il prend l'enveloppe. « Aussitôt que tu as l'enveloppe dans les mains, il est déjà un peu trop tard. »
Quelques minutes après la rencontre, il appelle son père, quelque peu paniqué. Ce dernier le met en garde et lui souligne qu'il pourrait éventuellement être contraint, par ce geste, à prendre des décisions contre son gré.
Quelques jours plus tard, selon David Grégoire, l'entrepreneur Luigi Salvatore arrive au local électoral du candidat libéral et lui remet une liasse de billets de banque.
Salvatore lui dit que cette somme va à son organisateur, Alain Gauthier, ancien attaché politique de Benoît Pelletier. Quand David Grégoire donne les billets à M. Gauthier, celui-ci aurait dit : « Ah! Georges [Boudreault] remplit sa promesse! C'est bien. »
L'organisateur libéral Georges Boudreault, aujourd'hui à la retraite, nie formellement avoir pu jouer un tel rôle.
Tous les autres individus que David Grégoire implique dans son témoignage nient formellement ce qu'il avance. Le directeur général de la Ville de Mascouche, nie avoir donné une enveloppe au candidat. Luigi Salvatore, joint au téléphone, dit qu'il n'a jamais donné d'argent. C'est de la bouffonnerie, précise-t-il.
L'organisateur de sa campagne, Alain Gauthier, aujourd'hui coordonnateur à l'organisation du PLQ pour l'ouest du Québec, nie formellement avoir reçu de l'argent.
David Grégoire, qui se dit toujours libéral dans l'âme, estimait qu'il devait faire quelque chose. « Se taire, c'est encourager le système d'enveloppes brunes, au fond ».
D'après un reportage de Pierre Duchesne