Le premier ministre Jean Charest en point de presse
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PC/Jacques Boissinot
Les dizaines de milliers de signatures qu'a récoltées une pétition réclamant la démission de Jean Charest s'expliquent, selon le premier ministre du Québec, par un mouvement d'humeur de l'opinion publique contre certaines décisions impopulaires du gouvernement.
La pétition avait recueilli près de 120 000 signatures, mardi, vers minuit 15. De visite en visite, le nombre de signataires augmente rapidement et de façon soutenue.
L'affluence est telle sur la page de la pétition qu'il faut parfois attendre plusieurs minutes avant qu'elle s'affiche à l'écran. D'autres fois, la page est carrément inaccessible, le serveur étant trop sollicité.
La démarche entreprise par un citoyen du nom de Steve Brosseau est parrainée par le député de Québec solidaire, Amir Khadir.
L'initiateur de la pétition, Steve Brosseau
Selon les termes de la pétition déposée sur le site de l'Assemblée nationale par M. Brosseau, le fait que le premier ministre Jean Charest refuse catégoriquement de tenir une enquête publique sur le financement des partis politiques et l'octroi des contrats gouvernementaux justifie sa démission.
Le texte cite aussi le refus du gouvernement Charest de mettre sur pied un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste. La pétition mentionne enfin le refus de Jean Charest et de son gouvernement de négocier ses orientations et les mesures prévues dans son budget 2010, malgré « l'opposition d'une forte majorité de la population québécoise ».
Pour toutes ces raisons, Steve Brosseau demande aux Québécois d'exiger la démission du premier ministre Charest en ajoutant leur nom à sa pétition.
Steve Brosseau, un préposé aux bénéficiaires de 36 ans, a fondé le Mouvement citoyen national du Québec (MCNQ) au lendemain du dépôt du dernier budget provincial du ministre Raymond Bachand. Outré par l'attitude du gouvernement libéral dans plusieurs dossiers ces derniers mois, Steve Brosseau a décidé de passer à l'action.
« Les allégations de corruption, de collusion dans la construction et dans les garderies ou dans la nomination des juges, ça sortait à qui mieux mieux dans les médias et personne ne faisait rien. On ajoute à ça les gaz de schiste et tout le budget 2010, ça devenait urgent de faire quelque chose », a expliqué M. Brosseau en entrevue à La Presse canadienne.
La pétition de M. Brosseau sera accessible durant trois mois sur le site Internet de l'Assemblée nationale du Québec. En vertu d'une réforme parlementaire adoptée il y a plus d'un an, certaines pétitions peuvent être hébergées sur le site de l'Assemblée nationale, si elles répondent à toutes les exigences et si elles sont parrainées par des députés.