Gilles Duceppe
Alors que la chef péquiste est critiquée pour sa stratégie d'accès à la souveraineté, Gilles Duceppe réaffirme son appui à Pauline Marois.
Alors que la chef péquiste est critiquée pour sa stratégie d'accès à la souveraineté, Gilles Duceppe affirme que les jeunes souverainistes qui dénoncent la démarche du PQ ont tort et refuse d'être associé au groupe de contestataires.
Le chef du Bloc québécois a souligné que les jeunes souverainistes qui critiquent la démarche du Parti québécois ont tort et refuse d'être associé au groupe de contestataires, sur lesquels il a précisé n'avoir « aucun pouvoir ».
Pauline Marois a aussi reçu l'appui du Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ). Sa présidente, Christine Normandin, a dénoncé les signataires de la lettre ouverte, qui critiquent la démarche souverainiste du PQ, et déploré la sortie publique des 50 jeunes indépendantistes.
Dans leur lettre ouverte publiée lundi par le quotidien Le Devoir, les 50 jeunes indépendantistes ont annoncé qu'ils militeront pour défaire le projet de « gouvernance souverainiste », débattu au congrès du Parti québécois (PQ) en avril 2011.
Les porte-parole du groupe d'indépendantistes rejettent ouvertement le projet préconisé par la chef péquiste Pauline Marois, tout en assurant que leur démarche n'équivaut pas à une contestation de son leadership.
De gauche à droite, Jean-François Landry, Félix-Antoine Dumais-Michaud et Jerry Beaudoin.
Félix-Antoine Dumais-Michaud et Jean-François Landry soulignent que la réalisation de la souveraineté doit demeurer au coeur du programme du Parti québécois, puisqu'il s'agit, à leur avis, de la seule option porteuse d'avenir.
Les militants soutiennent que ce « plan Marois », qui se traduirait notamment par l'adoption d'une constitution québécoise, la mise en oeuvre d'une déclaration de revenus unique, et le rapatriement de pouvoirs en culture, immigration, communication, n'est rien de moins que l'autonomisme que préconisait jadis l'ADQ de Mario Dumont.
Les 50 jeunes signataires de la lettre sont inconnus du grand public. Parmi eux se trouve un ex-candidat péquiste, Jerry Beaudoin, qui conteste ouvertement le leadership de Mme Marois sur une page Facebook. Des membres d'exécutifs de comtés péquistes et deux anciens présidents des jeunes bloquistes en font également partie.
Étude à l'appui, les signataires de la lettre soulignent que les Québécois croient très majoritairement que le Canada peut être réformé, et que cette option l'emporte toujours sur l'indépendance politique du Québec, objectif énoncé à l'article 1 du programme du PQ.
Or, négocier avec Ottawa, disent-ils, ne fera que conforter les Québécois dans cette « idée illusoire », sans compter tout le temps que le parti devra y investir s'il devait prendre le pouvoir.
Préconiser cette approche, précisent-ils, sera intenable : « comment affirmer négocier de bonne foi avec Ottawa alors qu'invariablement un gouvernement souverainiste affirmera qu'il n'en aura jamais assez et qu'il voudra toujours réaliser l'indépendance? Comment rallier les Québécois nationalistes qui auront, eux, voté pour le Parti québécois dans l'espoir de voir cet autonomisme se réaliser, sans toutefois se séparer? »
Les jeunes souverainistes ajoutent que cette nouvelle stratégie du PQ contredit celle du Bloc québécois. Pendant que Mme Marois compte négocier le rapatriement de pouvoirs, soulignent-ils, le chef bloquiste Gilles Duceppe « affirme sur toutes les tribunes que le Québec n'a plus rien à attendre d'Ottawa et du Canada ».
La chef péquiste Pauline Marois
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PC/Jacques Boissinot
Les signataires de la lettre disent que la tournée de conférences de quelques députés péquistes qui veulent expliquer le bien-fondé de la souveraineté constitue l'approche à suivre pour un futur gouvernement péquiste.
Ils adoptent en outre la proposition de la femme de M. Parizeau, la députée de Crémazie Lisette Lapointe, qui réclame une mise à jour de l'étude sur les finances d'un Québec souverain faite il y a quelques années par François Legault, ainsi que de nouveaux états généraux sur l'avenir du Québec.
Les jeunes militants soutiennent que si Mme Marois l'emporte, les militants du parti devront tirer leurs conclusions, « et il ne faudra pas se surprendre d'en voir plus d'un tourner le regard ailleurs dans l'espoir de trouver une vision plus audacieuse de l'indépendance ».
Les jeunes souverainistes ont confirmé que le chef de cabinet du leader bloquiste Gilles Duceppe les a contactés en fin de semaine. Ils affirment que François Leblanc voulait s'assurer que leur démarche portait sur le projet de gouvernance péquiste, et ne contenait pas d'attaques personnelles.
La sortie des jeunes militants survient moins d'une semaine après que l'ex-chef du Parti québécois, Jacques Parizeau, eut laissé entendre dans une entrevue accordée à Radio-Canada que le chef bloquiste Gilles Duceppe vendait mieux la souveraineté que Mme Marois.
Elle survient en outre au moment où l'ex-ministre péquiste François Legault jongle avec l'idée de créer un parti politique qui mettrait plutôt en veilleuse la question de l'avenir politique du Québec.