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En profondeur

Des visites qui coïncident avec des nominations

Mise à jour le lundi 20 septembre 2010 à 21 h 22

Des visites qui coïncident avec des nominations

La signature de Charles Rondeau sur le registre des visites au bureau du premier ministre

La signature de Charles Rondeau sur le registre des visites au bureau du premier ministre

Presque toutes des visites du collecteur de fonds libéral Charles Rondeau au cabinet du premier ministre Charest, à l'époque où Marc Bellemare était ministre de la Justice, ont coïncidé avec une série de nominations.

Dans le registre des entrées au cabinet du premier ministre Charest, à Québec, qui n'eût été d'une demande d'accès à l'information de l'émission Enquête cet été, aurait été détruit, on voit la signature du collecteur de fonds Charles Rondeau à 18 reprises, entre août 2003 et avril 2004, la plupart du temps pour aller rencontrer la responsable des nominations au cabinet du premier ministre, Chantal Landry.

Dans un entretien qu'il avait accordé à Alain Gravel au printemps dernier, Charles Rondeau était resté évasif au sujet de la fréquence et des motifs de ses visites.

Extrait de l'entretien

« - [Alain Gravel] À son bureau au cabinet du premier ministre, l'avez-vous déjà rencontrée?
- [Charles Rondeau] Je l'ai peut-être déjà rencontrée, mais ça doit faire des années.
- Dans les années de M. Bellemare?
- Je ne me souviens pas, là, mais c'est possible. »

Durant ce même entretien, M. Rondeau admet qu'il a bien visité Mme Landry au cabinet du premier ministre, mais pas aussi souvent que le registre le dit; qu'il y allait à l'occasion, lors du dépôt de budgets.

En examinant les registres de l'époque où Marc Bellemare était ministre, on ne note pas la présence de M. Rondeau lors du dépôt de budgets.

Par contre, la plupart de ses 18 visites coïncident avec la réunion du conseil des ministres au cours de laquelle des nominations sont entérinées.

Une de ses visites a eu lieu le jour même de la nomination par décret du juge en chef adjoint Michel Simard, le 5 novembre 2003, une autre lors de la nomination par décret du juge Marc Bisson, le 26 novembre, et à deux autres reprises, lors de nominations par décret d'autres juges.

Lorsqu'il a parlé à Alain Gravel, Charles Rondeau niait avoir une quelconque influence sur ces nominations.

Extrait de l'entretien

- [Charles Rondeau] M. Charest, je vais aller à une affaire du parti, je le rencontre. Je ne le prends pas dans le coin pour lui demander de faire des nominations.
- [Alain Gravel] Ce n'est pas n'importe qui qui a accès au bureau du premier ministre.
- Moi, je ne peux pas dire que j'ai accès au bureau du premier ministre. Peut-être que si je téléphonais pour rencontrer quelqu'un, je pourrais y aller. Mais je ne vais jamais au bureau du premier ministre.

M. Rondeau doit être interrogé cette semaine devant la commission Bastarache.

Selon les informations recueillies par Radio-Canada, il va affirmer à la commission Bastarache qu'il a bel et bien fait des représentations auprès de Marc Bellemare pour la nomination de Michel Simard comme juge en chef adjoint à la Cour du Québec.

Et que régulièrement, il faisait des propositions à Chantal Landry, au cabinet du premier ministre, pour des nominations à des conseils d'administration d'organismes gouvernementaux.

D'après le reportage d'Alain Gravel