Le chef néo-démocrate Jack Layton
À moins d'une semaine de la reprise des travaux à la Chambre des communes, la question du registre des armes à feu est l'objet d'importantes tractations au sein du Nouveau Parti démocratique.
Bloquistes et néo-démocrates entendent faire du registre des armes à feu l'enjeu de la rentrée. Tandis que ces derniers tentent de dégager une position commune, Gilles Duceppe exige de Jack Layton qu'il impose la ligne de parti.
Réunis en caucus national à Regina, les députés du NPD discutent ferme ces jours-ci sur les stratégies qu'ils adopteront en Chambre, notamment sur le vote qui doit avoir lieu la semaine prochaine sur le projet de loi visant à abolir l'enregistrement des fusils de chasse.
Le vote sur ce projet de loi privé C-391 de la députée conservatrice Candice Hoeppner s'annonce si serré qu'une ou deux voix seulement pourraient décider de l'avenir du registre que souhaite abolir le gouvernement Harper.
Si au Bloc québécois et au Parti libéral on a imposé la discipline de parti sur la question, le chef du NPD, Jack Layton, a préféré laisser ses députés voter en leur âme et conscience.
Il y a moins d'un an, 12 des 36 députés néo-démocrates s'étaient déclarés en faveur du projet de loi visant à abolir l'enregistrement des fusils de chasse. Quatre députés ont depuis révisé leur position, le quatrième l'ayant fait hier. Un cinquième député NDP récalcitrant pourrait faire volte-face aujourd'hui et annoncer qu'il appuiera finalement le registre.
Le chef du parti, Jack Layton, tente maintenant de rallier les députés dissidents au sein de son parti.
« On cherche à créer des ponts entre les diverses opinions afin de trouver des solutions pour que le registre fonctionne mieux », expliquait dimanche Jack Layton à la radio de Radio-Canada.
« Un manque de leadership », dénonce le Bloc
Le chef bloquiste Gilles Duceppe
L'incertitude qui plane au NPD irrite le chef bloquiste. En caucus lundi matin, à Montréal, Gilles Duceppe a reproché à Jack Layton de faire preuve « d'une absence pitoyable de leadership », en refusant d'obliger ses députés à sauver le registre des armes à feu. Il a appelé le chef du NPD à imposer la ligne de parti à ses troupes.
« J'exige que Layton se tienne debout. [Ses députés] sont en caucus, qu'il parle à son monde et qu'il règle cette question-là dans les deux jours qui viennent », a ajouté le chef bloquiste.
Pour le député néo-démocrate Claude Gravelle, l'avenir du registre ne repose pas que sur le NPD, puisque plusieurs députés d'autres partis sont aussi, selon lui, en faveur de l'abolition du registre. « Attendons de voir combien de libéraux seront absents pour le vote », a-t-il déclaré lors d'une entrevue à la radio de Radio-Canada.
L'offensive en ligne des conservateurs
Alors que les débats autour de l'avenir du registre s'intensifient, le Parti conservateur lance une campagne sur le web pour faire connaître sa position.
Avec le site Abolissons le registre, les conservateurs veulent faire pencher la balance en leur faveur. En plus de donner le point de vue du parti sur le registre, le site incite les électeurs à passer à l'action.
On y retrouve des liens vers une liste de députés libéraux et néo-démocrates qui représentent des circonscriptions où le registre est plutôt impopulaire. Les conservateurs invitent les citoyens à contacter leur député et à lui demander de voter pour l'abolition du registre.
L'Association canadienne des chefs de police s'est prononcée pour qu'on ne modifie pas le registre, et un rapport de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a aussi plaidé pour son maintien intégral.