Mise à jour le mercredi 8 septembre 2010 à 15 h 51
L'ex-ministre et député libéral de Kamouraska-Témiscouata, Claude Béchard, est mort mardi à 16 h d'un cancer du pancréas, à l'âge de 41 ans. Il était entouré de sa femme et de membres de sa famille.
L'état de santé de M. Béchard s'est brusquement dégradé dans la nuit de lundi à mardi. Quelques heures avant son décès, il avait annoncé par voie de communiqué sa démission comme ministre de l'Agriculture et des Relations intergouvernementales canadiennes.
Dans un communiqué laconique, le gouvernement libéral a annoncé « avec une grande tristesse » le décès de Claude Béchard « des suites d'une longue maladie qu'il a combattue avec courage ».
Les drapeaux de l'Assemblée nationale ont été mis en berne mardi soir.
La famille du défunt a fait savoir pour sa part qu'elle souhaitait vivre ces événements en privé et qu'elle n'émettra pas de commentaires. Les détails sur les funérailles seront communiqués ultérieurement.
Un homme combatif
Jusqu'à la toute fin, le député-ministre a combattu son cancer du pancréas qui avait ressurgi en janvier dernier. Il avait conservé jusqu'à tout récemment les portefeuilles de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie.
Élu pour la première fois il y a 13 ans, Claude Béchard est rapidement devenu une figure importante dans le paysage politique québécois.
À 28 ans, il gagne sans difficulté l'élection partielle d'octobre 1997 dans la circonscription de Kamouraska-Témiscouata, où se trouve son village natal de Saint-Philippe-de-Néri. Il y sera réélu quatre fois de suite.
Il fait sa première campagne au côté du chef libéral Daniel Johnson, qu'il connaît bien pour avoir été son conseiller politique après avoir occupé des fonctions dans l'entourage de l'ancien premier ministre Robert Bourassa.
En 2003, à l'âge de 34 ans, le premier ministre Jean Charest le nomme ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille. Il lui confiera par la suite les portefeuilles du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, de l'Environnement, des Ressources naturelles et de la Faune.
Des dossiers délicats
Claude Béchard aura été le ministre des missions délicates, notamment de la vente du centre de ski et du golf du parc du Mont-Orford. Le gouvernement reculera dans le dossier, mais le ministre s'en tirera politiquement indemne. Il réussira à mener à terme un autre projet controversé, obtenant le feu vert pour la construction du port méthanier Rabaska à Lévis.
Claude Béchard, reconnu pour son sens de l'humour, a aussi connu quelques épreuves. Le meurtre atroce de son attachée politique de circonscription, Nancy Michaud, l'a profondément bouleversé.
En 2008, il est réélu confortablement, mais il se savait menacé. Sept mois après son élection, le cancer refait son apparition. Malgré ses absences, Claude Béchard continuait à suivre ses dossiers de près. Tant l'homme que le politicien étaient tenus en grand respect par ses collègues de toutes allégeances politiques.
Claude Béchard laisse dans le deuil ses deux filles, sa conjointe et les deux enfants de celle-ci.
Hommage à un homme de passion
Dans un communiqué, l'opposition officielle décrit le défunt comme un homme amoureux de son métier et totalement dévoué aux citoyens de sa circonscription. L'Assemblée nationale était indéniablement son deuxième foyer, souligne le Parti québécois, qui salue le combat et le courage de Claude Béchard.
« Il se battait tout le temps, il ne reculait jamais, le terme battant lui convenait bien. Je ne l'ai jamais vu faire preuve de contrition. C'est un gars qui n'avait qu'une seule stratégie, on attaque, on fonce! », témoigne pour sa part le leader parlementaire péquiste, Stéphane Bédard.
Pour André Boisclair, ancien chef du Parti québécois, Claude Béchard était un bon représentant de sa génération, un homme qui a été capable de faire de la politique d'une façon droite et près des gens.
Le président du Parti libéral du Québec rappelle que Claude Béchard croyait profondément en l'action politique et en la capacité d'améliorer toutes choses, comme le démontrent ses nombreuses réalisations au sein des ministères qu'il a dirigés. Marc Tanguay souligne la combativité du défunt comme militant, comme député, comme ministre. Mais, de tous les combats qu'il a menés, le plus dur aura été la maladie, conclut le président du PLQ.
Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, souligne la générosité de Claude Béchard avec ses collègues et l'engagement d'un homme passionné.
Tout ce qu'il faisait, il le faisait avec une énergie dévorante et il était très inspirant, indique Gérard Deltell, chef de l'Action démocratique du Québec pour qui Claude Béchard était fier de défendre ses idées, un homme qui n'avait pas peur des missions délicates.
Les deux porte-parole de Québec solidaire, Françoise David et Amir Khadir, ont adressé leurs condoléances à la conjointe, aux enfants et aux proches de M. Claude Béchard. Ils ont aussi tenu à saluer « son courage et sa ténacité durant les longs mois où il a lutté contre la maladie. »
À Ottawa, le premier ministre Stephen Harper a souligné que M Béchard a représenté avec « efficacité et dévouement » ses concitoyens de Kamouraska-Témiscouata pendant 13 ans. « Claude Béchard a été un exemple de courage et de détermination pour ceux et celles qui se battent contre le cancer », peut-on lire dans un communiqué du bureau du premier ministre.
La ministre fédérale Josée Verner a dit qu'elle avait « beaucoup d'admiration pour l'homme et le combat qu'il a décidé de mener jusqu'à sa fin ».