Claude Béchard quitte la vie politique

Claude Béchard Claude Béchard   © PC/Jacques Boissinot

Le ministre et député libéral de Kamouraska-Témiscouata, qui avait conservé ses fonctions au Conseil des ministres malgré une récidive de son cancer du pancréas, a décidé de se retirer dans l'intimité avec sa famille.

Le ministre libéral et député de Kamouraska-Témiscouata, Claude Béchard, a annoncé mardi son retrait de la vie politique québécoise.

Souffrant d'une récidive de son cancer du pancréas, M. Béchard, 41 ans, a démissionné de ses fonctions de député, de ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation et de ministre responsable des Affaires intergouvernementales et de la Francophonie canadiennes.

Il avait continué à travailler à l'Assemblée nationale malgré ses graves problèmes de santé. Mais son combat contre la maladie est devenu beaucoup plus ardu ces derniers temps, ce qui le force à prendre cette décision.

Claude Béchard a exprimé le souhait de vivre cette période difficile dans l'intimité, avec sa conjointe et ses quatre enfants.

Dans un communiqué, M. Béchard a également remercié la population québécoise pour les nombreux messages d'appui et marques d'affection et d'encouragement qu'il a reçus depuis l'annonce de sa maladie.

Il a eu des mots particuliers pour la population de la circonscription de Kamouraska-Témiscouata. « Les femmes et les hommes qui vivent dans ce magnifique coin de pays sont des gens de coeur, et ce fut pour moi un grand privilège de les représenter pendant ces 13 dernières années », a déclaré M. Béchard.

Claude Béchard a aussi remercié le premier ministre Jean Charest pour la confiance qu'il lui a accordée.

L'hommage de Charest et de l'opposition

Lors d'un bref point de presse, M. Charest, a salué le parcours de son député. Visiblement ému, il a parlé du « legs impressionnant » qu'il laisse aux Québécois, en rappelant certains des dossiers importants qu'il a conduits, tant sur la scène provinciale que dans sa région.

Mais il a surtout insisté sur le lien étroit qu'il a tissé avec l'homme en 12 ans de vie politique commune au sein du Parti libéral.

« Il a été pour moi un compagnon de route extraordinaire. J'ai eu l'occasion de le côtoyer dès 1998 quand je suis arrivé au Parti libéral du Québec, parce qu'il avait accepté de coprésider ma course au leadership à l'époque, alors que j'arrivais dans la famille libérale. Je me suis lié d'amitié avec Claude, j'ai appris à le connaître, lui, sa famille, et j'ai pour lui une vive admiration », a déclaré le premier ministre du Québec.

La députée du Parti québécois dans Taillon, Marie Malavoy, a salué la noblesse du geste de Claude Béchard. « Il est revenu il y a quelques mois parce qu'il disait : "Moi, je veux encore batailler." À partir du moment où il ne peut plus le faire, je pense que pour lui, ça n'a plus d'intérêt de garder des fonctions qu'il ne peut plus exercer », a déclaré Mme Malavoy.

De son côté, le chef de l'Action démocratique du Québec, Gérard Deltell, a dit respecter la décision de M. Béchard et lui a offert son soutien et ses bonnes pensées. « Malgré la souffrance qu'il avait, il était toujours présent, combatif comme on l'aime bien aussi, même si c'est un adversaire. Alors, s'il a décidé aujourd'hui de démissionner, ça doit être une décision qui a dû être terrible à prendre », a affirmé M. Deltell.