C'est sans contredit l'événement politique de la rentrée.
Depuis le début des audiences, le 24 août, la Commission d'enquête sur le processus de nomination des juges passionne les Québécois, qui attendaient depuis cinq mois de connaître les détails des allégations formulées par l'ex-ministre libéral de la Justice, Marc Bellemare, à l'endroit du premier ministre Jean Charest.
©
PC/Jacques Boissinot
Ces détails n'ont pas tardé à être dévoilés. Premier témoin assigné à comparaître, Marc Bellemare a brossé le portrait d'un système en vertu duquel des argentiers du Parti libéral auraient eu leur mot à dire dans le choix de juges nommés à la Cour du Québec, avec la bénédiction du premier ministre. Ces révélations fracassantes se résument comme suit :
Les avocats du gouvernement du Québec, du premier ministre Jean Charest et du Parti libéral du Québec ont tour à tour tenté de discréditer cette version des faits. Ils ont réussi à faire apparaître des inexactitudes et des imprécisions dans le témoignage de Me Bellemare. Sur le fond, cependant, Me Bellemare persiste et signe.
En obtenant le statut de participant le 1er septembre, le témoin-clé de la commission a rééquilibré un tant soit peu le débat; son avocat pourra lui aussi contre-interroger les dizaines de témoins qui seront appelés à la barre, dont le premier ministre Charest et les collecteurs de fonds Franco Fava et Charles Rondeau.
Le débat se poursuivra donc pendant une bonne partie de l'automne, tant à l'intérieur de la salle d'audience qu'à l'Assemblée nationale, où les partis d'opposition continuent de réclamer une commission d'enquête portant non pas sur le processus de nomination des juges, mais sur les liens entre l'industrie de la construction et le financement des partis politiques.
L'opinion publique sera le véritable arbitre de ce débat.