« Mike, le transparent » contre « Steve, l'opaque »

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Michael Ignatieff à Baddeck, en Nouvelle-Écosse Michael Ignatieff à Baddeck, en Nouvelle-Écosse   © PC/Mike Dembeck

À l'issue de leur caucus en Nouvelle-Écosse, les libéraux présentent leur chef comme le champion de la transparence et mettent en doute les compétences fiscales du premier ministre Harper.

Après s'être attaqué au NPD, la veille, sur la question du registre des armes à feu, le chef libéral, Michael Ignatieff, passe maintenant à l'offensive contre les conservateurs.

Lors de la troisième journée du caucus libéral à Baddeck, en Nouvelle-Écosse, les libéraux ont tenté mercredi un repositionnement politique, en opposant « Mike, le transparent » (Open Mike) à « Steve, l'opaque ». Les stratèges libéraux en ont profité pour annoncer qu'à l'occasion de sa tournée pancanadienne estivale, Michael Ignatieff tiendra des rencontres à micro ouvert (qui se dit également « open mike » en anglais) avec les électeurs.

Ils espèrent ainsi démontrer que leur chef n'a pas peur des rencontres spontanées avec les citoyens, contrairement à Stephen Harper qui, selon eux, ne sort que rarement de sa « zone de confort ».

Des jets et un « vrai lac »

Michael Ignatieff s'en est aussi pris aux priorités de Stephen Harper en matière de fiscalité. Le chef libéral a argué que le premier ministre s'était lancé dans une « frénésie de dépenses » en investissant des milliards de dollars pour l'achat de jets militaires et pour la construction de nouvelles prisons.

« Est-ce que c'est cela que les Canadiens veulent obtenir de leur gouvernement en ce moment, en plein milieu d'un déficit de 54 milliards de dollars? » — Michael Ignatieff

Selon le chef libéral, ces décisions ruinent la réputation du premier ministre en tant que gestionnaire fiscal compétent - réputation qu'il a acquise avec l'avènement de la crise économique.

Le chef libéral s'est aussi moqué à plusieurs reprises du « faux lac » que le gouvernement a fait construire pour le sommet du G20 en juin dernier, faisant observer que le lac néo-écossais Bras d'Or sur la berge duquel il se trouvait était, lui, « un vrai lac ».

L'espoir ou la peur

La notion de contraste était au centre de la conférence de Michael Ignatieff à l'issue de sa journée de retraite. Le chef libéral a assuré que son parti incarnait l'inclusion plutôt que l'étroitesse et l'espoir plutôt que la peur.

« C'est comme ça que M. Harper gouverne : vous aurez peur de quelqu'un de qui vous n'aviez jamais eu peur auparavant », a ironisé M. Ignatieff.

Commentant la visite du premier ministre au Québec, le même jour, le chef libéral a souligné qu'il s'agissait de sa première visite au Québec en plus de trois mois et a déclaré que, contrairement aux libéraux, Stephen Harper ne comprenait pas que le Canada était « impossible sans le Québec ».

La retraite annuelle du caucus libéral en Nouvelle-Écosse était l'occasion pour les libéraux de peaufiner leur stratégie en vue de la rentrée parlementaire du 20 septembre.