Commentaires inattendus de Me Dugas

Me Bellemare a été contre-interrogé mercredi avant-midi par l'avocat du PLQ, Me André Dugas Me Bellemare a été contre-interrogé mercredi avant-midi par l'avocat du PLQ, Me André Dugas   © PC/Jacques Boissinot

Après avoir contre-interrogé Marc Bellemare, l'avocat du Parti libéral, André Dugas, donne son avis sur différents aspects du témoignage de l'ex-ministre, contrevenant ainsi aux directives du commissaire Bastarache.

Après avoir contre-interrogé Marc Bellemare mercredi, dans le cadre de la commission Bastarache sur le processus de nomination des juges, l'avocat du Parti libéral du Québec, André Dugas, ne s'est pas gêné pour commenter différents aspects du témoignage de l'ex-ministre libéral.

Devant plusieurs journalistes rassemblés autour de lui à sa sortie de la salle d'audience, Me Dugas a affirmé que le collecteur de fonds du Parti libéral du Québec Franco Fava « nie totalement » avoir exercé des pressions ou parler de nominations de juges avec Me Bellemare.

Interrogé sur des déclarations de Me Bellemare selon lesquelles M. Fava rencontrait toutes les semaines la personne responsable des nominations au bureau du premier ministre, Chantal Landry, Me Dugas a déclaré : « D'après moi c'est faux ».

« M. Fava, quand les nouvelles sont sorties, [les] 10, 11, 12 avril, M. [Alain] Gravel le journaliste [de Radio-Canada] l'a appelé. Il a donné des entrevues aux médias spontanément. [...] Il a dit sa version. Et ce que vous voyez dans les journaux, moi, c'est ce que j'ai entendu », a fait valoir l'avocat du PLQ.

« Sur l'argent liquide, j'aurais aimé ça pouvoir parler de ça, mais le juge, vous savez ce qu'il a dit, du moment que c'était argent liquide, ce n'était pas le mandat de la commission. [...] Au niveau de l'argent liquide, c'est très, très, très contesté, je suis très, très heureux que maintenant la Cour d'appel ait forcé Me Bellemare à vider son sac », a-t-il poursuivi.

« Il va rencontrer les enquêteurs du Directeur général des élections. Il va dire ce qu'il a à dire. Quant au Parti libéral, ses bénévoles, ils sont très contents, ils vont collaborer à 100 %. Et quant à moi, c'est un écran de fumée, cette affaire-là. Selon les informations que j'ai. »

« À mon avis, ça n'a pas eu lieu. [...] Pensez-vous que des gens vont compter de l'argent
dans le lobby d'un restaurant? » — André Dugas

Ces commentaires contreviennent aux directives émises par le commissaire Bastarache. Ce dernier a déclaré au début des travaux que « ni les avocats ni les participants ni les intervenants ne doivent discuter la preuve ou la crédibilité des témoins en dehors de la salle d'audience avant le dépôt du rapport. »

La semaine dernière, Jean Charest a lui aussi fait une sortie très remarquée au terme de la première journée de témoignage de Me Bellemare. Le premier ministre a démenti les propos que lui a attribués son ex-ministre de la Justice et a nié être un proche de Franco Fava.

Il s'est par la suite défendu d'avoir contrevenu aux règles édictées par le commissaire, arguant qu'il n'avait fait que répéter ce qu'il avait déjà dit le printemps dernier.

La députée adéquiste Sylvie Roy a dit avoir été « vraiment surprise » d'entendre les propos de Me Dugas. Elle soutient que les directives du commissaire Bastarache visent à éviter que l'affaire ne devienne un « cirque » dénué de toute crédibilité.

Mercredi après-midi, le commissaire a par ailleurs accordé le statut de participant à Marc Bellemare.