Un caucus pour préparer l'offensive

Entrevue avec la chef du PQ Pauline Marois

Réunis en caucus pendant deux jours, les députés péquistes préparent la rentrée parlementaire qui, promettent-ils, ne sera pas de tout repos pour le gouvernement Charest.

L'opposition péquiste a la ferme intention de revenir à la charge contre le gouvernement Charest lors de la reprise des travaux parlementaires le 21 septembre.

Les 51 députés peaufinent actuellement leur stratégie à l'occasion d'un caucus de deux jours qui se déroule à Salaberry-de-Valleyfield.

Alors que les travaux de la commission Bastarache se poursuivent, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a dû justifier son absence depuis le début des audiences. Pour sa défense, elle a affirmé avoir accordé ses priorités au travail de terrain, en région, et au remaniement de son cabinet fantôme.

Elle a cependant dit avoir été attentive au travail de la commission, et a qualifié de « déplorable » le point de presse impromptu de Jean Charest au premier jour des audiences. Selon elle, il subsiste un doute autour de la version du premier ministre.

« Vous savez, je pourrais demander la démission de M. Charest. Est-ce que vous pensez qu'il va l'accepter? [...] Alors, à la lumière de ce qu'on a entendu, on va questionner le premier ministre lorsqu'on sera en chambre, on va remettre sur la table tous les dossiers qui n'ont pas obtenu de réponse. Moi, je crois que rien n'est résolu pour l'instant », a-t-elle indiqué.

Mme Marois soutient, comme d'autres députés péquistes, que la commission Bastarache ne s'attaque pas au vrai problème.

« J'ai l'impression que c'est comme une espèce de joute d'image. [...] Les Québécois veulent savoir la vérité, et je n'ai pas le sentiment qu'on va en savoir beaucoup plus que ce qu'on voit maintenant. » — Pauline Marois, chef du Parti Québécois

Des enjeux explosifs

Même si Pauline Marois, comme Jean Charest, a pris de bonnes résolutions et souhaite moins d'hostilité en Chambre, le PQ promet de mener l'offensive de façon rigoureuse cet automne.

Le leader parlementaire Stéphane Bédard rappelle le caratère explosif de certains dossiers, comme les révélations sur l'industrie de la construction, l'éthique, le financement des partis politiques et la nomination des juges.

« Rien n'est résolu pour l'instant, même les garderies. On ne sait toujours pas si les choix des projets qui ont été faits étaient des choix recommandés par le ministère, qui étaient positifs, ou si c'était parce qu'on voulait récompenser des donateurs du Parti libéral », a ajouté Mme Marois.

La souveraineté au programme

Le Parti québécois sent aussi le besoin de ranimer la flamme souverainiste, encore une fois, à quelques mois du congrès d'orientation d'avril où le programme du parti sera revu. Mme Marois veut redonner de la visibilité et du tonus à ce qui motive l'existence même du PQ.

Pour remettre les projecteurs sur la question nationale, elle a choisi dans son cabinet fantôme un batailleur coriace comme porte-parole aux affaires intergouvernementales, Bernard Drainville.

Le député compte son bagage professionnel et sa personnalité fougueuse pour marquer des points, mais sa priorité pour l'instant, c'est la défense des intérêts des Québécois.

« Sur certains dossiers actuellement, le Québec n'est pas respecté, les intérêts du Québec ne sont pas bien défendus, et ma job [sic], comme porte-parole des affaires [intergouvernementales], c'est justement d'être le chien de garde des intérêts du Québec. » — Bernard Draiville, porte-parole du PQ en matière d'affaires intergouvernementales

Le maintien du registre des armes à feu sera sa cible principale pour la rentrée, et si Ottawa l'ampute de ses dispositions principales, il faudra, à son avis, rapatrier la portion québécoise du registre au Québec.