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Politique

Forage en mer
Ottawa et Québec négocient

Mise à jour le vendredi 30 juillet 2010 à 10 h 50

La mer aux abords de Old Harry

Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Christian Paradis, se dit convaincu qu'Ottawa et Québec pourront conclure un accord en matière de forage en mer.

Le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec ont entamé des négociations au niveau administratif dans le but de s'entendre sur l'exploitation du potentiel du golfe du Saint-Laurent.

« J'ai le sentiment qu'il y a une poussée en ce sens, autant du côté provincial que de celui du gouvernement fédéral », a indiqué cette semaine M. Paradis lors d'une rencontre avec les médias.

« Je vais faire tout en mon pouvoir pour favoriser une percée », a-t-il ajouté.

Plus tôt en juillet, la ministre québécoise des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, s'était dite « extrêmement encouragée par la détermination et l'ouverture que manifeste Christian Paradis » dans ce dossier.

Des négociations qui pourraient faire des vagues

La relance des négociations survient alors que Terre-Neuve-et-Labrador maintient son intention d'aller de l'avant avec l'exploitation des hydrocarbures du gisement gazier et pétrolier Old Harry, situé à quelque 80 kilomètres des côtes des Îles-de-la-Madeleine, dans le golfe du Saint-Laurent.

Les travaux sur le site Old Harry, autorisés par Terre-Neuve-et-Labrador, devraient d'ailleurs commencer cet automne.

Or, ce gisement, qui contiendrait des milliards de barils de pétrole, se trouve entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador, qui ne sont pas sur la même longueur d'onde en ce qui concerne l'exploitation éventuelle de ce filon.

Québec ne ferme pas la porte à d'éventuels forages en mer, mais souhaite en connaître les risques et négocier une entente avec le gouvernement fédéral sur le partage des revenus.

En attendant, la province a imposé, jusqu'en 2012, un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures.

Contrairement à Terre-Neuve-et-Labrador ou à la Nouvelle-Écosse, le Québec n'a pas conclu d'entente avec Ottawa en matière d'extraction sous-marine.

« Les divergences entre Québec et Ottawa mijotent depuis 12 ans », a indiqué cette semaine la ministre Normandeau.

« C'est la première fois que je sens autant d'ouverture de la part du gouvernement fédéral, et du ministre [fédéral] des Ressources naturelles en particulier », a-t-elle ajouté.

Sans fournir de détails sur un l'éventuel accord, la Presse canadienne rapporte qu'il s'agirait d'une entente administrative, selon le ministre Paradis.

« L'objectif est de créer un office de l'hydrocarbure comme c'est le cas en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve-et-Labrador », a souligné M. Paradis.

Le ministre des Ressources naturelles préférerait une entente administrative à un nouveau cadre législatif qui pourrait compliquer l'entente entre les deux paliers de gouvernement.

En dépit de cette éventuelle entente entre Québec et Ottawa, les tensions entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador ne baisseront pas nécessairement.

Québec tient à ce que toute entente respecte un accord conclu entre les quatre provinces de l'Atlantique en 1964 et qui a laissé la majeure partie du gisement Old Harry à l'intérieur de ses limites territoriales.

Terre-Neuve-et-Labrador souhaiterait plutôt que toute entente négociée entre Québec et Ottawa prévoie la création d'un tribunal qui réglerait le litige frontalier.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne