Layton en quête d'un compromis

Jack Layton, chef du Nouveau Parti démocratique Jack Layton, chef du Nouveau Parti démocratique

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, exhorte le premier ministre Stephen Harper à revoir sa décision d'abandonner le formulaire détaillé obligatoire de recensement.

Le chef du NPD propose au premier ministre Stephen Harper de l'aider à trouver une solution afin de conserver la valeur et la fiabilité des données recueillies par Statistique Canada lors du recensement.

Selon M. Layton, si le premier ministre re revient pas sur la décision de son gouvernement, la valeur et la fiabilité des données recueillies par Statistique Canada seront menacées.

« Sans les données fiables de la version longue du formulaire de recensement obligatoire, c'est difficile de mettre sur pied des programmes parascolaires pour les jeunes, de développer des programmes pour les personnes âgées et d'améliorer le service de transport en commun. Mais ça ne semble pas trop déranger les conservateurs », a affirmé le chef néo-démocrate lors d'une conférence de presse tenue jeudi matin.

« Les conservateurs aiment ignorer la vérité, les statistiques et les faits qui vont à l'encontre de leur idéologie. C'est le temps pour Harper d'arrêter de se cacher derrière Clement et Bernier et de prendre les choses en main. » — Jack Layton, chef du NPD

M. Layton offre sa collaboration au gouvernement conservateur en participant à d'éventuelles discussions en vue de trouver une solution acceptable pour tous les partis. « Je suis disposé à rencontrer M. Harper le plus tôt possible pour trouver une solution à la crise qu'il a lui-même créée », a affirmé M. Layton.

« Les néo-démocrates croient qu'un compromis est possible », par exemple en supprimant la menace d'incarcération pour ceux qui ne remplissent pas le formulaire obligatoire.

« Nous souhaitons travailler avec tous les autres partis pour s'assurer que les données avec lesquelles nous élaborons les politiques et nous faisons nos recherches demeurent fiables », a indiqué M. Layton.

Mais le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, ne semble pas disposé à faire un compromis avec le gouvernement Harper.

« Quel compromis est nécessaire? Il n'y a aucun compromis. On avait un très bon recensement, il faut que ça continue. C'est clair. C'est une crise créée par l'idéologie bête de ce gouvernement. » — Michael Ignatieff, chef du Parti libéral du Canada

Québec se met de la partie

Le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Claude Béchard, demande lui aussi au gouvernement Harper de revenir sur sa décision d'abandonner le questionnaire détaillé et obligatoire. Il invoque la défense des minorités au pays.

« J'ai l'intention d'écrire à ma collègue Josée Verner, ma vis-à-vis fédérale, dans les prochains jours, pour justement lui faire ressortir toutes les caractéristiques québécoises qui sont importantes qu'on retrouve dans ce type de formulaires, a déclaré le ministre Béchard. D'où l'importance d'avoir des données plus fiables pour autant avoir un portrait de ce qui se passe au Québec. »

Claude Béchard estime que ce portrait est nécessaire pour mettre en oeuvre de bonnes politiques. Cependant, il est ouvert à des modifications aux questions d'ordre privé jugées trop intrusives.

Le gouvernement Harper demeure inflexibleJusqu'à présent, le gouvernement Harper a clairement signifié qu'il n'avait pas l'intention de revenir sur sa décision. Mardi, lors du comité parlementaire de l'industrie, des sciences et de la technologie, le ministre de l'Industrie, Tony Clement, a défendu la décision du gouvernement en répétant que son gouvernement trouvait inapproprié d'obliger les Canadiens à divulguer des informations privées et personnelles sous peine d'amendes ou d'emprisonnement.