Marc Bellemare s'adresse aux journalistes à sa sortie du palais de justice de Québec.
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PC/Clément Allard
Le bras de fer entre le premier ministre du Québec, Jean Charest, et son ancien ministre de la Justice, Marc Bellemare, s'est transporté au palais de justice de Québec, mercredi.
Le premier ministre a été interrogé par les avocats de son ex-ministre de la Justice, Marc Bellemare, qu'il poursuit en diffamation pour ses propos sur le processus de nomination des juges et le financement du Parti libéral du Québec.
M. Charest devait préciser les motifs de sa poursuite en diffamation contre l'ex-ministre. Il a été interrogé par les trois avocats de M. Bellemare, afin de permettre à la défense de préparer ses arguments. Marc Bellemare était présent à cette occasion.
Les deux camps se rencontraient pour la première fois depuis les allégations de M. Bellemare portant sur le processus de nomination des juges et le financement du Parti libéral du Québec (PLQ).
Cette étape habituelle qui précède les procès civils s'est déroulée à huis clos et sans la présence d'un juge.
Jean Charest à son arrivée au palais de justice de Québec
À son arrivée au palais de justice, Jean Charest a estimé que sa présence, en tant que citoyen, était importante. « Le jour où j'ai pris la décision de poursuivre, j'acceptais nécessairement de répondre aux questions, ce que je fais de très bon coeur », a-t-il déclaré.
Parlant d'une procédure judiciaire « sérieuse », M. Bellemare n'a pas été plus loquace devant les journalistes. « Par respect pour le système judiciaire, dans la mesure où c'est une procédure qui a cours actuellement, je vais m'abstenir de commenter », a-t-il dit.
Marc Bellemare aura ensuite jusqu'au 3 septembre pour présenter ses arguments, avant d'être interrogé à son tour, d'ici le 15 octobre, par l'avocat de Jean Charest, André Ryan.
Les transcriptions de ces interrogatoires seront rendues publiques si les avocats y consentent, mais dans tous les cas, les documents ne pourront pas être accessibles avant le début du procès.
Si les deux parties respectent les délais prévus, tous les documents nécessaires au procès seront soumis au plus tard le 15 décembre.
Lourdes allégations
En avril dernier, Marc Bellemare a lancé un pavé dans la mare en affirmant avoir été au centre d'un trafic d'influence lors du processus de nomination des juges.
M. Bellemare soutient avoir reçu des pressions de la part d'un collecteur de fonds qu'il avait vu précédemment échanger de l'argent comptant avec un permanent du PLQ. L'ex-ministre de la Justice ajoute qu'il s'est plaint de la situation à son patron, Jean Charest.
Le premier ministre a défendu son intégrité et celle du Parti libéral et a nié que Marc Bellemare l'ait mis au courant de ces irrégularités. Il a fait parvenir une mise en demeure à ce dernier pour qu'il se rétracte.
Devant la persistance de son ancien ministre, Jean Charest a déposé une poursuite en dommages et intérêts de 700 000 $, dont 350 000 $ pour dommages moraux et 350 000 $ pour dommages punitifs. Il s'agit d'une démarche judiciaire distincte de la commission d'enquête sur le processus de nomination des juges, présidée par l'ex-juge Michel Bastarache.